Cameroun : l’absence prolongée de Paul Biya relance le débat sur la vacance du pouvoir


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Paul Biya
Le Président du Cameroun, Paul Biya

Parti du Cameroun le 7 juin 2026 pour un séjour privé en Europe, le président Paul Biya n’est toujours pas rentré dans son pays plus de six semaines après son départ. Cette absence prolongée a conduit une partie de l’opposition à saisir le Conseil constitutionnel afin qu’il examine la question de la vacance du pouvoir. De son côté, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) affirme que le chef de l’État continue d’exercer ses fonctions.

L’absence prolongée du Président camerounais Paul Biya continue d’alimenter le débat politique au Cameroun. Le chef de l’État, âgé de 93 ans, a quitté le pays le 7 juin 2026 pour ce qui avait été présenté par la Présidence comme un « court séjour privé en Europe » en compagnie de son épouse. Plus de quarante jours après son départ, aucune date officielle de retour n’a été communiquée.

L’opposition saisit le Conseil constitutionnel

Cette situation a suscité des interrogations au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Alors que des rumeurs sur l’état de santé du Président circulent depuis plusieurs semaines, les autorités n’ont publié aucune information officielle sur le déroulement de son séjour, hormis plusieurs messages diplomatiques diffusés par la Présidence. Face à cette absence prolongée, le député de l’opposition Jean-Michel Nintcheu a demandé au Conseil constitutionnel de constater la vacance du pouvoir.

Cette démarche intervient alors que plusieurs formations politiques s’interrogent sur les mécanismes institutionnels applicables en cas d’absence prolongée du chef de l’État. L’Union démocratique du Cameroun (UDC) a également pris position sur cette question. Le parti, qui indique ne pas vouloir spéculer sur la situation personnelle de Paul Biya, estime que la continuité de l’action publique et l’exercice effectif des responsabilités présidentielles doivent être garantis par les institutions.

Les interrogations sur le cadre juridique

Selon l’UDC, une absence prolongée du territoire national ne constitue pas automatiquement une vacance du pouvoir. Le parti considère toutefois que cette situation soulève la question des mécanismes prévus en cas d’empêchement temporaire du président de la République. Plusieurs observateurs évoquent la durée du séjour du chef de l’État, désormais supérieure à six semaines. Toutefois, aucun texte de la législation camerounaise ne fixe une durée maximale d’absence du Président hors du territoire national.

De même, pas de texte qui prévoit qu’un tel séjour entraîne automatiquement la constatation d’une vacance du pouvoir. L’UDC rappelle également que la révision constitutionnelle d’avril 2008 avait introduit la possibilité de créer un poste de vice-président de la République. À ce jour, cette disposition n’a jamais été mise en œuvre et aucun Vice-président n’a été nommé. Le parti appelle ainsi à l’ouverture d’une réflexion institutionnelle destinée à mieux encadrer les situations d’absence prolongée du chef de l’État et à préciser les modalités de continuité de l’exercice du pouvoir exécutif.

Le parti présidentiel répond aux critiques

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), formation au pouvoir, rejette les accusations de vacance du pouvoir. Christophe Mien Zok, directeur de la propagande du RDPC, affirme que « le pouvoir n’est pas vacant » et que « le Lion n’est pas parti ». Le responsable du parti présidentiel critique les prises de position de certains opposants.

Il les accuse de suivre quotidiennement la durée du séjour de Paul Biya à l’étranger tout en affirmant que les institutions continuent de fonctionner normalement. Depuis le départ du Président, les canaux officiels de la présidence ont continué de publier des messages adressés à plusieurs chefs d’État étrangers. Paul Biya a notamment adressé des félicitations au Président français Emmanuel Macron à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet.

Paul Biya à la tête du Cameroun depuis 1982

Il a en fait de même pour le Président du Monténégro pour la fête nationale célébrée le 13 juillet. En dehors de ces messages diplomatiques, aucune apparition publique ni aucune communication officielle concernant l’état de santé ou le programme du Président n’ont été diffusées depuis son départ du Cameroun. Paul Biya est président de la République du Cameroun depuis le 6 novembre 1982, date à laquelle il a succédé à Ahmadou Ahidjo.

Il est le chef de l’État camerounais depuis plus de quatre décennies et figure parmi les dirigeants en exercice les plus anciens au monde. Au cours des dernières années, plusieurs de ses déplacements privés à l’étranger avaient déjà suscité des interrogations sur leur durée et sur son état de santé. Les autorités camerounaises ont régulièrement indiqué que ces séjours relevaient de déplacements privés. Tandis que les activités institutionnelles de la Présidence continuaient d’être relayées par les services de communication officiels.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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