
100 jours après l’installation de la nouvelle équipe dirigeante de la Société camerounaise d’électricité (Socadel), Monsieur Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie, a présidé, le 8 octobre 2026, dans la salle des banquets de ladite entreprise, à Douala, une première réunion d’évaluation des actions déjà menées. À l’issue de cette importante rencontre, Afrik.com s’est accroché à ses lèvres, afin d’en savoir plus.
Quel regard jetez-vous sur le secteur de l’électricité au Cameroun et sur la Socadel ?
Gaston Eloundou Essomba : Le secteur de l’électricité est un secteur essentiel pour la vie des populations et pour le développement économique. La Socadel (Société camerounaise d’électricité) est au centre du système électrique du Cameroun. Parce que c’est la Socadel qui collecte l’ensemble des revenus du secteur et qui les distribue aux principaux acteurs de ce secteur. Donc, la mauvaise santé de la Socadel a un impact et un risque systémique pour l’ensemble du secteur.
Le Chef de l’État, en décidant de la renationalisation de cette entreprise, voulait bien faire passer ce message, pour tout faire, pour redresser ce secteur, et que l’État prenne ses responsabilités.
Au moment de la prise de fonction du nouveau management, un plan de redressement leur avait été soumis, pour améliorer le niveau de revenus de ce secteur, qui collectait une trentaine de milliards, alors que les charges étaient autour de 42, 43, 44 milliards. Dans ce déficit structurel de 13 milliards tous les mois, tous les impayés auxquels ce secteur fait face se retrouvent donc dans une situation où les producteurs indépendants comme la filiale Globeleq ne sont pas régulièrement payés, le transporteur de l’énergie Sonatrel (Société nationale de transport de l’électricité) n’est pas régulièrement payé. Cela a un impact sur la qualité du service.
Il est donc question, à travers la renationalisation, de renouer avec les investissements dans la production, le transport, la redistribution. Cela exige la fluidité, la lutte contre la fraude, pour récupérer les 30 milliards qu’on perd chaque année, à travers l’élargissement de la base clientèle, chercher les nouveaux clients, à travers les efforts en matière de recouvrement, avec la migration vers les compteurs post, et pour aller aux prépayés pour les clients indélicats. Toutes ces actions ont été confiées comme des axes d’intervention de la Socadel. Nous sommes donc venus pour procéder à une première évaluation.
Est-ce que la qualité de service s’est améliorée ?
Gaston Eloundou Essomba : De manière progressive, les plaintes, il y en a encore. Il y a beaucoup de plaintes. Cela veut dire qu’il y a beaucoup à faire à ce niveau-là.
Est-ce que depuis la renationalisation, le niveau de revenus a augmenté ?
Gaston Eloundou Essomba : Oui ! De manière progressive, les 30 milliards ont été recouvrés. Il y a 2 milliards de plus.
Est-ce que les factures de tous les principaux acteurs, à savoir : EDC, Globeleq, Sonatrel, …, sont entièrement payées ?
Gaston Eloundou Essomba : Non ! Mais des efforts sont faits pour augmenter déjà de manière progressive, pour le volume qui est le montant alloué à chacun de ces acteurs. Nous constatons donc que des efforts sont faits et qui peuvent être utiles. Et il y a un début de mise en œuvre qui commence à produire des résultats.
Que peut-on retenir de cette première réunion d’évaluation ?
Gaston Eloundou Essomba : Même si cela demeure timide, il est de notre devoir de galvaniser les équipes, de leur demander d’accélérer et de s’activer davantage. Et il était également de notre devoir d’identifier tous les points faibles, tous les goulots d’étranglement, tous les problèmes qui peuvent entraver la mise en œuvre efficace de ce plan de redressement, et de voir quelles sont les actions fortes que le gouvernement devrait mettre en œuvre pour accompagner la Socadel afin de réussir dans ses missions.
Le gouvernement seul peut-il sauver ce secteur ?
Gaston Eloundou Essomba : Pour sauver le secteur électrique dans notre pays, il faut impérativement passer par l’amélioration, par l’augmentation des services, l’investissement dans la production. L’investissement dans la production fait donc appel au secteur privé. L’État, à lui seul, ne peut plus rien faire. Il est donc important de pacifier les rapports avec le secteur privé. Et cela passe par ce message que ce secteur recevra.






