
À moins de trois semaines de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, la scène politique béninoise est secouée par l’onde de choc provoquée par l’annonce du ralliement de Chabi Yayi à la candidature de Romuald Wadagni. Ce ralliement spectaculaire cristallise les recompositions en cours dans un paysage politique déjà fragilisé par les tensions au sein de l’opposition.
Il ne faut jamais dire jamais. Surtout en politique. L’illustration de ce propos vient une fois de plus d’être donnée dans l’arène politique béninoise avec le ralliement surprise de Chabi Yayi, fils de l’ancien Président Boni Yayi, au candidat de la majorité, Romuald Wadagni.
Un ralliement stratégique au nom du « pragmatisme »
C’est dans un entretien accordé à Jeune Afrique que Chabi Yayi a officialisé son choix. L’ancien secrétaire aux Relations extérieures du parti Les Démocrates, qui a récemment démissionné de cette formation politique, affirme avoir « mûrement réfléchi » avant de franchir le pas. Il revendique un positionnement guidé par le « pragmatisme », évoquant des convergences entre ses propres orientations politiques et les réformes proposées par le candidat de la mouvance présidentielle.
Dans ses déclarations, il décrit Romuald Wadagni comme un « homme de dialogue », capable de transcender les clivages partisans. Une appréciation qui tranche avec la ligne dure adoptée ces derniers mois par une partie de l’opposition. Ce soutien, bien que personnel, revêt une portée symbolique forte : il marque l’entrée dans le camp présidentiel d’une figure issue du cercle rapproché de l’ancien Président Boni Yayi. Le parcours récent de Chabi Yayi ajoute une dimension particulière à son engagement. Avant sa démission de son parti, il avait été interpellé dans le cadre de l’enquête liée à la tentative de coup d’État du 7 décembre dernier. Placé en garde à vue puis relâché, il reste sous convocation judiciaire.
Vers un nouveau paysage politique ?
À court terme, le soutien de Chabi Yayi renforce la position de Romuald Wadagni et conforte la stratégie d’ouverture de la mouvance présidentielle. À plus long terme, il pose la question de la recomposition durable de l’opposition béninoise, aujourd’hui fragmentée et en quête de leadership. Le principal parti qui incarnait cette opposition, Les Démocrates, se débat avec ses propres démons. Miné par des luttes fratricides, le parti est menacé d’implosion.
À quelques semaines du scrutin, une certitude s’impose : la Présidentielle de 2026 ne se joue pas seulement dans les urnes, mais aussi dans les alliances, les ruptures et les repositionnements qui redessinent progressivement les contours du paysage politique béninois. En politique, l’addition est, de loin, préférable à la soustraction. Et personne ne sera surpris de voir d’autres figures de l’opposition rallier le candidat de la majorité présidentielle dans les prochains jours.




