
La statue équestre de Bio Guera domine le boulevard de la Marina, à Cotonou et accueille les visiteurs dès leur arrivée au Bénin. Il rend hommage à l’un des grands chefs de la résistance africaine face à la conquête coloniale française à la fin du XIXᵉ siècle. Prince bariba et chef de guerre, Bio Guera incarne aujourd’hui une figure majeure de la mémoire nationale.
À Cotonou, sur le boulevard de la Marina, une statue équestre attire l’attention de tous ceux qui arrivent au Bénin par l’aéroport international. Ce monument rend hommage à Bio Guera, figure majeure de la résistance africaine face à la conquête coloniale française à la fin du XIXᵉ siècle. Prince du royaume bariba et chef de guerre redouté, il incarne aujourd’hui un symbole de liberté et de dignité africaine. Pour le Dr Joel Accalogoun, expert en tourisme, cette statue participe aussi à la valorisation du patrimoine historique et touristique du pays.
Bio Guera, un prince guerrier devenu symbole de résistance
Né en 1856, Bio Guera est une figure emblématique de l’histoire du nord du Bénin. Issu du royaume bariba de Bembéréké, dans la région du Borgou, il fut à la fois prince et chef militaire. Selon le Dr Joel Accalogoun, ce héros est aujourd’hui honoré pour sa résistance face à l’avancée coloniale française à la fin du XIXᵉ siècle. « Bio Guera s’est fait remarquer par sa résistance face à la conquête coloniale », explique l’expert. « Avec ses cavaliers, il a tenu tête pendant des années à la grande armée française. »
À une époque où la colonisation européenne progresse rapidement en Afrique de l’Ouest, les troupes françaises cherchent à contrôler les territoires situés entre le littoral et l’intérieur du continent. Après avoir affronté les royaumes du sud, notamment celui du Dahomey, elles poursuivent leur progression vers le nord. Mais la résistance menée par Bio Guera va compliquer cette avancée.
Une résistance armée contre l’expansion coloniale
Chef militaire reconnu, Bio Guera dispose d’une cavalerie redoutée. Ses combattants mènent plusieurs affrontements contre les troupes coloniales françaises dans la région du Borgou. Le Dr Accalogoun rappelle que cette résistance a profondément marqué l’histoire du pays. « Bio Guera a opposé une véritable résistance face à la conquête coloniale », souligne-t-il. « Avec la férocité de ses cavaliers, il a réussi à tenir tête à l’armée française pendant des années. »
Son combat s’inscrit dans un mouvement plus large de résistance africaine à la colonisation, aux côtés d’autres figures historiques du continent comme Samory Touré en Afrique de l’Ouest ou encore El Hadj Omar Tall. Pour de nombreux historiens, ces résistances ont joué un rôle essentiel dans la construction de la mémoire politique et historique des États africains modernes.
Un monument chargé de mémoire à Cotonou

Aujourd’hui, le monument dédié à Bio Guera se dresse à un endroit stratégique de la capitale économique béninoise. Situé à quelques pas de l’aéroport international, il constitue l’un des premiers symboles visibles pour les visiteurs qui arrivent dans le pays.
La statue représente le chef guerrier à cheval, lance à la main, ce qui illustre à la fois son statut de prince et de chef militaire.
Selon le Dr Accalogoun, le choix de ce monument s’inscrit dans une stratégie qui vise à valoriser l’histoire nationale et à renforcer l’image touristique du Bénin.
« Les monuments sont des émetteurs d’émotions », explique-t-il. « Un touriste qui découvre une statue comme celle de Bio Guera se pose naturellement des questions et s’intéresse à l’histoire du pays. »
Entre mémoire historique et développement touristique
Pour le spécialiste du tourisme, ce monument participe à plusieurs formes de valorisation touristique. Il s’inscrit d’abord dans une démarche de tourisme culturel et historique. Il permet aux visiteurs de découvrir les grandes figures de l’histoire du Bénin.
Mais le monument relève également du tourisme mémoriel, en rappelant les luttes menées contre la colonisation.
« Bio Guera fait partie de ce que l’on peut appeler la route de la résistance », explique le Dr Accalogoun. « Comme les Amazones du Dahomey qui ont combattu dans le sud, il symbolise la résistance dans le nord du pays. »
Un héritage historique transmis aux nouvelles générations
Au-delà de sa dimension touristique, la statue de Bio Guera incarne surtout un rappel de l’histoire nationale. Pour le Dr Accalogoun, les monuments jouent un rôle important dans la transmission de la mémoire collective. « Il est important que les jeunes générations connaissent les résistants qui ont marqué l’histoire de notre pays », affirme-t-il.
Dans les écoles béninoises, certaines chansons et récits historiques évoquent encore aujourd’hui ces figures de la résistance africaine. Bio Guera est souvent cité aux côtés d’autres grandes figures du continent, symbole d’une lutte pour la liberté et la dignité.
À travers ce monument, le Bénin rend ainsi hommage à un héros dont le combat continue d’inspirer l’identité et la mémoire nationale.




