Armement et recrutement massif : le Maroc gonfle son budget militaire

Militaires marocains (25 oct 21)

Le royaume du Maroc est résolument déterminé à se blinder militairement. En atteste la hausse vertigineuse du budget militaire consentie par les autorités royales, dans un contexte de crise avec l’Algérie.

Bien vrai que depuis plusieurs années, le Maroc s’est engagé dans la dynamique de renforcement et de modernisation de son armée. Seulement, entre 2021 et 2022, les acquisitions, commandes et autres prévisions militaires sont de loin ce qu’elles étaient durant les années précédentes. Et le budget militaire 2022 est parti pour battre tous les records.

Le projet de loi de finances 2022, qui a été présenté par le nouveau gouvernement d’Aziz Akhannouch, prévoit une augmentation historique du budget militaire, qui devrait passer de 4,295 milliards d’euros en 2021 à 4,8 milliards d’euros en 2022. Ce qui constituerait le plus grand budget militaire de l’histoire du Maroc.

Ce budget militaire, apprend-on, sera principalement dédié à l’acquisition d’armes et au renforcement du personnel des forces armées marocaines. Une volonté réelle du royaume chérifien d’augmenter ses capacités militaires. Actuellement de 175 000 soldats, le personnel militaire du Maroc devrait atteindre 200 000 hommes, capable de sécuriser le pays.

Mieux informe le média espagnol La Información, les dépenses militaires du royaume représentent 4,28% du PIB et plus de 12% des dépenses publiques totales du Maroc. Dans un article publié dans Defense News, l’analyste militaire Mohammad Shkeir estime que toutes ces acquisitions en armement pourraient être « utilisées dans tout conflit armé qui pourrait éclater avec l’Algérie ou pour contrer toute attaque du Front Polisario le long du mur du Sahara Occidental ».

Ces nouvelles dispositions ont été prises au moment où la tension est vive entre le Maroc et l’Algérie. Suite au soutien au « vaillant peuple kabyle » de l’Ambassadeur permanent du Maroc aux Nations-Unies, Omar Hilale, Alger a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat, avant d’interdire son espace aérien aux avions marocains. L’Algérie s’est même prêtée à une démonstration de force en effectuant des exercices militaires navals, non loin des côtes marocaines.

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