
Croissance à 4 %, inflation ramenée à 1,7 %, exportations hors hydrocarbures en hausse de 12 % en six mois : les chiffres de l’économie algérienne en 2025 bousculent toutes les prévisions. Le pays longtemps dépendant du pétrole opère un virage que peu d’observateurs avaient anticipé.
L’année 2025 restera gravée dans l’histoire économique de l’Algérie comme celle du grand pivot. Avec une croissance du PIB estimée à près de 4%, le pays ne se contente plus de gérer sa rente pétrolière. Il bâtit activement les fondations d’une économie diversifiée.
Au-delà du pétrole : les secteurs qui explosent
Le fait marquant de 2025 n’est pas la bonne tenue des revenus pétroliers et gaziers, qui demeurent le socle financier de l’État. C’est le réveil spectaculaire des autres secteurs. Pour la première fois depuis des décennies, la croissance hors hydrocarbures a franchi la barre symbolique des 5 % au premier semestre. Trois moteurs alimentent cette dynamique :
- L’agriculture saharienne : des investissements massifs dans les régions du Sud de l’Algérie garantissent désormais une sécurité alimentaire accrue.
- L’industrie manufacturière : les politiques de substitution aux importations portent leurs fruits. Le Président Tebboune a lancé le mouvement pour une voiture algérienne, et les constructeurs européens et asiatiques ont répondus présents.
- Les exportations de matériaux : l’Algérie s’affirme comme exportateur net de ciment et d’acier.
Inflation à 1,7 % : comment l’Algérie a réussi son pari
Pour les ménages algériens, la réussite la plus tangible est la maîtrise spectaculaire de l’inflation. Après avoir culminé à des sommets inquiétants en 2023, la hausse des prix a été ramenée à 1,7 % sur les neuf premiers mois de 2025.
Cette stabilisation résulte d’une meilleure régulation des marchés et d’une production nationale plus abondante. Elle a permis de préserver le pouvoir d’achat et d’apaiser le climat social. C’étaient le pari de Tebboune et les condition indispensable aux réformes structurelles en cours.
Gara Djebilet et phosphate : les méga-projets qui vont encore tout changer
Si 2025 fut l’année de la stabilisation, 2026 et 2027 s’annoncent comme celles de l’accélération. L’Algérie s’apprête à changer d’échelle, passant du statut d’exportateur d’énergie à celui de hub minier et métallurgique continental.
Le gisement de fer de Gara Djebilet (Sud-Ouest) entre en production industrielle. Il alimentera les aciéries nationales, réduira la facture d’importation et positionnera l’Algérie comme acteur majeur sur le marché mondial de l’acier.
Le projet intégré de phosphate (Est du pays) promet de faire de l’Algérie l’un des principaux fournisseurs mondiaux d’engrais. En l’occurence, une ressource stratégique du XXIe siècle.
Ces deux projets devraient générer des milliers d’emplois, justifier les investissements massifs dans le rail transsaharien et fournir une source de devises stable, décorrélée des prix du pétrole. C’est cette perspective qui permet aux analystes d’envisager l’atteinte d’un PIB de 300 milliards de dollars à court terme.
L’Algérie mieux que l’Egypte, le Maroc et la Tunisie
Dans un contexte nord-africain marqué par des défis économiques variés, l’Algérie se distingue en 2025 par deux atouts majeurs : sa faible dette extérieure et sa maîtrise de l’inflation. Sur ces points elle fait figure d’exemple au Maghreb, ses voisins étant en retrait.

L’année 2025 marque ainsi le moment où l’Algérie a cessé de subir sa géographie pour commencer à la transformer en atout économique durable. En s’appuyant sur ses ressources minières tout en développant son tissu industriel, le pays semble avoir trouvé la voie d’une émergence souveraine.



