Algérie : attentat mortel à Naciria

Un attentat à la voiture piégée a provoqué la mort de quatre policiers et fait une vingtaine de blessés, ce mercredi, à Naciria, une ville située à une soixantaine de kilomètres à l’est d’Alger, selon la radio nationale. L’attaque, commise dans une région montagneuse devenue depuis des années le terrain privilégié des groupes islamistes algériens, a été revendiqué par la Branche d’Al Qaida au Maghreb islamique.

Quatre policiers ont été tués mercredi matin et une vingtaine de personnes blessées, à Naciria, dans la région de Boumerdès, en Algérie, dans un attentat à la voiture piégée, selon la radio nationale. Le ministère algérien de l’Intérieur, qui avait rapidement indiqué dans un communiqué que l’attentat avait été commis « à proximité » d’un commissariat, rapporte pour sa part le décès de trois policiers. Il n’indique pas en revanche quelle est la nature de l’attaque.

Celle-ci a été revendiquée par l’ex Groupe salafiste pour la prédication (GSPC), devenu la Branche d’Al Qaida au Maghreb islamique (Baqmi). L’un de ses membres a indiqué sur la chaîne Al Arabiya qu’un chauffeur a foncé sur le commissariat de la ville avec un véhicule chargé de 500 Kg d’explosif avant de se faire exploser.

La région montagneuse où l’attentat a été perpétré, située à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alger, à la sortie des gorges de Palestro, est depuis des années un lieu de repli et d’attaque des groupes terroristes en Algérie. L’armée nationale y a implanté ses camps les plus anciens depuis le début des affrontements avec les extrémistes islamistes au début des années 1990. L’un d’eux, situé à la sortie de Lakhdaria, l’ex-Palestro, avait été directement visé dans un attentat au véhicule piégé qui avait fait une dizaine de victimes le 11 juillet dernier.

Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat, devenu Branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Baqmi), l’avait rapidement revendiqué. Le 21 septembre dernier, c’est un groupe d’employés étrangers d’un groupe de BTP français qui avait été visé près d’un barrage de Lakhdaria. Deux ressortissants français et un Italien, leur chauffeur algérien ainsi que cinq gendarmes qui les escortaient avaient été blessés lorsqu’un véhicule avait foncé sur leur convoi. La veille de l’attentat, revendiqué par le Baqmi, le numéro deux d’Al Qaida, Ayman el-Zawahiri, avait appelé dans une vidéo les musulmans à débarrasser le Maghreb des Français et des Espagnols, deux anciennes puissances coloniales présentes dans la région.

Le groupe terroriste, qui se présente comme un groupe de moudjahidin en lutte contre le pouvoir, a récemment commis une série d’attentats kamikaze meurtriers dans la région d’Alger, mais aussi à Batna, le 6 septembre dernier, où le président Bouteflika était en visite. Les victimes sont le plus souvent des civils. Les Algériens, qui pensaient en avoir fini avec la violence, et qui ont accepté la Charte de réconciliation nationale proposée en novembre 2005 par leur président, découvrent depuis le début de l’année l’horreur des attentats suicide. Les derniers en date, commis le 11 décembre, ont fait 41 morts, dont 17 employés de l’ONU, au cœur de l’agglomération d’Alger.

Actualisé le jeudi 3 janvier

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