Al Qaida Maghreb vise les intérêts français en Algérie

Deux Français et un Italien employés par une société française de BTP ont été visés dans un attentat suicide revendiqué par Al Qaida Maghreb, vendredi, à 80 Km au sud-est d’Alger. La veille, le numéro deux d’Al Qaida avait de nouveau appelé les Maghrébins à chasser les « croisés » de leur terre.

Deux ressortissants français et un Italien, leur chauffeur algérien ainsi que les cinq gendarmes qui les escortaient ont été blessés ce vendredi dans un attentat kamikaze. Une voiture a foncé sur le convoi qui se rendait vers le barrage de Koudiat Asserdoun, près de Lakhdaria, à 80 Km au sud-est d’Alger, où les trois employés de l’entreprise française de BTP Razel travaillaient. Conduits vers la capitale, leur vie ne serait pas en danger.

Selon la chaîne Al Arabyia, l’ex Groupe salafiste pour la prédication et le combat, devenu Al Qaida au Maghreb en septembre 2005, a revendiqué l’attaque dans un communiqué publié sur internet. La veille, le numéro deux d’Al Qaida, Ayman el-Zawahiri, avait appelé dans une vidéo les musulmans à débarrasser le Maghreb des Français et des Espagnols, deux anciennes puissances coloniales notamment présentes dans cette région.

« Soutenez vos fils, les moudjahidin, contre les croisés et leurs enfants », a-t-il ajouté, en référence à l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat, dont les membres se considèrent comme des moudjahidin engagés dans une lutte contre l’Etat algérien. Le numéro deux d’Al Qaida avait déjà appelé les musulmans à s’en prendre aux Français, aux Américains et aux « alliés des croisés », sans que son injonction ne soit suivie d’effet.

Deux employés d’Aéroports de Paris rapatriés après des menaces

En revanche, l’Algérie a connu une série d’attentats suicides meurtriers, un mode opératoire auquel la décennie sanglante dont elle sort ne l’avait pas habituée. Après Alger en avril dernier, Batna (est) et Dellys (centre) ont tour à tour été frappées les 6 et 8 septembre dernier. Au lendemain de l’attaque de Dellys contre une caserne de la marine nationale, les Algériens avaient été choqués d’apprendre que le kamikaze était bien natif d’Algérie et qu’il n’avait que 15 ans.

Les gorges de Palestro, où l’attaque contre les employés français et italien a été menée, est régulièrement l’objet d’attaques de la part des groupes terroristes. Cette zone difficile d’accès où ils se replient est également fortement militarisée. Le 11 juillet dernier, une caserne de l’armée avait été visée elle aussi dans un attentat suicide qui avait fait une dizaine de morts.

Un porte-parole de la société Razel a déclaré à l’agence Reuters que cet attentat ne remettrait pas en question leur présence en Algérie, mais que les mesures de sécurité seraient réexaminées. En revanche, les services de renseignement français ont indiqué que deux Français, travaillant à Alger pour la société Aéroports de Paris, qui exploite le nouvel aéroport d’Alger, avaient été rapatriés d’urgence, mardi, à la suite de menaces d’enlèvement par un « groupe terroriste de la mouvance d’Al-Qaïda ».

Le 10 décembre 2006, une attaque contre un bus d’une filiale de la société pétrolière américaine Halliburton, dans une région pourtant très protégée près d’Alger, avait provoqué la mort du chauffeur et blessé neuf passagers (quatre Anglais, un Américain, un Canadien et deux Libanais). Mais la presse était restée prudente quant à l’origine des assaillants, mettant en avant la possibilité d’un différend commercial entre l’entreprise et un tiers.

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