
La vigilance sanitaire est de nouveau de mise au Malawi. La découverte d’un poliovirus dans l’environnement urbain de Blantyre a conduit les autorités à activer des mécanismes d’alerte et de prévention. Celles-ci rappellent que la poliomyélite demeure une menace réelle malgré les progrès réalisés ces dernières années. Le gouvernement, appuyé par ses partenaires internationaux, mise sur une riposte rapide pour éviter toute résurgence de la maladie, en particulier chez les enfants.
Les autorités sanitaires du Malawi ont annoncé l’identification d’un poliovirus de type 2 dérivé d’une souche vaccinale, connu sous l’appellation cVDPV2. La détection a été effectuée dans des échantillons environnementaux collectés dans la ville de Blantyre, principal centre économique du pays. Cette annonce marque un nouvel épisode préoccupant dans la lutte du Malawi contre la poliomyélite. Une maladie hautement contagieuse qui touche principalement les enfants.
Selon le ministère de la Santé et de l’Assainissement, le virus a été repéré lors d’une surveillance de routine des eaux usées. Un dispositif clé utilisé à l’échelle mondiale pour détecter précocement la circulation de pathogènes. Parfois avant même l’apparition de cas cliniques.
Qu’est-ce que le poliovirus dérivé d’une souche vaccinale ?
Le cVDPV2 apparaît dans des contextes où la couverture vaccinale est insuffisante. Bien que le vaccin oral contre la polio soit sûr et efficace, le virus atténué qu’il contient peut, dans de rares cas, muter et recommencer à circuler au sein de populations insuffisamment immunisées. Ce phénomène peut alors provoquer des formes graves de la maladie, similaires à celles causées par le poliovirus sauvage, notamment des paralysies irréversibles.
Les autorités sanitaires insistent sur le fait que ce type de détection ne remet pas en cause l’importance de la vaccination, qui reste le moyen le plus efficace de prévenir la polio et de stopper sa transmission. Le secrétaire à la Santé et à l’Assainissement, Dan Namarika, a assuré que le gouvernement agissait rapidement en coordination avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et ses partenaires.
Le gouvernement malawite renforce sa riposte
Des mesures de riposte sont en cours de déploiement afin de contenir la propagation du virus, notamment par le renforcement de la surveillance épidémiologique et la préparation de nouvelles campagnes de vaccination ciblées. Les autorités appellent également la population à adopter des pratiques strictes d’hygiène alimentaire et à s’assurer que tous les enfants reçoivent l’ensemble des doses recommandées du vaccin contre la polio.
Le Malawi n’est pas étranger à la menace de la poliomyélite. En février 2022, le pays avait déclaré une épidémie de poliovirus sauvage de type 1 après la confirmation d’un cas chez un adolescent de 14 ans, mettant fin à trois décennies sans polio. Cette situation avait déclenché une vaste mobilisation nationale et régionale, permettant d’éviter toute propagation supplémentaire. Depuis cette riposte, aucun nouveau cas n’avait été signalé jusqu’à la récente détection environnementale du cVDPV2.
Le rôle clé de l’UNICEF et des partenaires internationaux
Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) soutient activement le Malawi dans ses efforts d’éradication de la polio. L’organisation a contribué à l’acquisition de près de 6,8 millions de doses de vaccins et au renforcement de la chaîne d’approvisionnement, garantissant le stockage, le transport et la distribution sécurisés des vaccins à travers le pays.
Cette collaboration s’inscrit dans l’Initiative mondiale pour l’éradication de la polio, un programme international visant à éliminer définitivement la maladie, encore endémique dans quelques régions du monde. La poliomyélite est une maladie virale qui attaque le système nerveux et peut entraîner des handicaps permanents, voire la mort. Si la majorité des personnes infectées ne présentent pas de symptômes, le virus peut se propager silencieusement.





