
Air Sénégal a suspendu l’ensemble de son personnel navigant commercial affecté à la liaison Dakar-Paris. Ce, dans le cadre d’une enquête interne sur des soupçons de transport de marchandises non autorisées. Pour maintenir le service sur cet axe stratégique, la compagnie a confié l’encadrement de cabine à la société géorgienne MyWay. Sur sa liaison la plus fréquentée, Air Sénégal n’opère donc plus avec son propre personnel. C’est un prestataire étranger qui assure ce service pour le compte du pavillon national.
La compagnie aérienne Air Sénégal en zone de turbulences. En cause, la suspension de l’ensemble de son personnel navigant commercial affecté à la liaison Dakar-Paris. Des investigations sont en cours sur des soupçons de transport de marchandises non autorisées. L’enquête interne porte sur des pratiques connues sous le nom de « GP ». Elles consistent à utiliser la franchise de bagages du personnel pour transporter des marchandises appartenant à des tiers. Ce, moyennant une rémunération au kilogramme.
Enquête sur le trafic de bagages à l’origine de la suspension
Ces pratiques, jugées non autorisées par la compagnie, concernent les rotations entre l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) et Paris-Charles de Gaulle. En attendant les conclusions du conseil de discipline, l’ensemble des équipes navigantes sénégalaises affectées à cette desserte a été suspendu de ses fonctions. Pour assurer la continuité des vols sans personnel national disponible, Air Sénégal s’appuie désormais sur les équipes de la compagnie géorgienne MyWay.
Les stewards et hôtesses de cette société assurent l’accueil, les procédures de sécurité et le service commercial à bord. Les passagers de cette liaison sont donc pris en charge, pour la durée de la suspension, par un encadrement de cabine étranger. Ce dernier recruté et formé selon les standards d’un prestataire basé en Europe de l’Est. Ce recours à du personnel et à des appareils loués à l’étranger s’inscrit dans la continuité de plusieurs difficultés rencontrées par la compagnie depuis 2025.
Une compagnie déjà fragilisée par une série de crises
En mars, un audit interne avait révélé des fraudes sur le système de billetterie Amadeus. Certains agents ayant modifié manuellement des tarifs. En juin, le loueur américain Carlyle Aviation Partners avait procédé à la saisie de quatre Airbus. il s’agissait de deux A319 et deux A321, pour défaut de paiement de la compagnie sénégalaise. En août 2025, le manque d’appareils disponibles avait provoqué le blocage de 300 passagers à l’aéroport de Roissy pendant deux jours.
L’absence d’équipages nationaux sur l’axe Dakar-Paris renforce aujourd’hui la dépendance de la compagnie. Notamment aux contrats de location avec équipage complet, dits « wet lease ». Cette dépendance pèse sur la marge opérationnelle d’Air Sénégal. Précisément sur le segment qu’elle présente habituellement comme le plus rentable de son réseau.




