
Après leur retrait de la CEDEAO, le Burkina Faso, le Mali et le Niger veulent redéfinir leurs relations avec l’organisation régionale sans renoncer à leur choix confédéral. Réunis à Ouagadougou le 16 octobre, leurs ministres des Affaires étrangères ont harmonisé leur position avant les discussions prévues les 17 et 18 octobre à Dakar. La libre circulation, les échanges commerciaux et la coopération sécuritaire figurent parmi les enjeux majeurs.
Le divorce n’efface pas la géographie. Malgré leur rupture institutionnelle avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Burkina Faso, le Mali et le Niger restent étroitement liés à leurs voisins par le commerce, les déplacements des populations et une histoire commune. C’est cette réalité que les trois pays entendent mettre au centre des discussions annoncées à Dakar, au Sénégal.
Vendredi 16 octobre, les chefs de la diplomatie de la Confédération des États du Sahel se sont retrouvés à Ouagadougou pour arrêter une position commune avant ce rendez-vous. Cette réunion ministérielle faisait suite à deux jours de travaux techniques consacrés à la préparation d’un projet d’accord-cadre destiné à définir les futures relations entre les deux organisations.
Pas question de revenir dans le giron de la CEDEAO
Les autorités sahéliennes ont tenu à écarter toute interprétation laissant croire que cette démarche ouvrirait la voie à une réintégration à la CEDEAO. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement quitté l’organisation le 29 janvier 2025, après avoir annoncé leur retrait un an auparavant. « Nous partons à Dakar sereins », a déclaré le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, qui a présenté cette rencontre comme une occasion de défendre les intérêts des populations de l’espace confédéral.
Son homologue malien, Abdoulaye Diop, a également plaidé pour des discussions menées d’entité à entité, dans le respect des choix souverains des trois États. Pour les dirigeants de l’AES, la Confédération ne se construit pas contre la CEDEAO, mais entend affirmer sa propre orientation politique et diplomatique. Cette ligne repose sur trois priorités : préserver la souveraineté des États membres, consolider la Confédération et protéger les intérêts de leurs populations.
La libre circulation au cœur des préoccupations
Les accords à venir auront des conséquences pour des millions de personnes habituées à circuler librement dans l’espace communautaire. Les échanges commerciaux, les déplacements transfrontaliers et les activités économiques reposent largement sur la continuité des relations entre les pays sahéliens et leurs voisins.
Si l’AES prépare activement les pourparlers, la CEDEAO fait de même. Selon son président, le général Birame Diop, l’organisation a élaboré un projet d’accord-cadre couvrant 18 domaines prioritaires regroupés en cinq pôles, notamment la libre circulation des personnes et des biens, le commerce, la sécurité et la coopération transfrontalière.
Les discussions des 17 et 18 octobre devront donc dépasser les divergences institutionnelles pour répondre à des préoccupations concrètes. La rencontre ne signifie ni réconciliation politique acquise ni rapprochement définitif. Elle ouvre plutôt un chantier diplomatique dont l’issue pèsera sur les relations entre les États de la région.





