
Ce dimanche 19 juillet 2026, une douzaine de chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se réunissent à Lungi, localité située près de Freetown en Sierra Leone. Ce sommet, dont les travaux préparatoires ont duré environ une semaine, place au centre de ses discussions deux enjeux d’enevrgure : la création d’une force régionale et le rétablissement d’un dialogue avec l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
C’est dans la ville de Lungi, en Sierra Leone, que la CEDEAO tient ce dimanche 19 juillet 2026 son sommet des chefs d’État et de gouvernement. Réunis alors que des crises institutionnelles à répétition et une insécurité sévissent au Sahel, les dirigeants ouest-africains ont devant eux un agenda chargé. Trois dossiers structurent principalement les travaux : la désignation du nouveau président de la Commission de l’organisation, la mise sur pied d’une force régionale permanente, et la définition d’une feuille de route diplomatique pour renouer avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger) qui ont quitté l’institution après des transitions militaires successives.
Le général Birame Diop attendu à la tête de la Commission
L’un des temps forts de ce sommet concerne la désignation du prochain président de la Commission de la CEDEAO pour la période 2026-2030. Le général Birame Diop, ancien ministre sénégalais de la Défense, devrait être officiellement nommé à ce poste, après avoir été désigné par le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Cette nomination ferait du Sénégal le pays à la tête de l’institution pour les quatre prochaines années.
Le Président Bassirou Diomaye Faye participe personnellement à ce sommet, après avoir quitté Dakar le samedi 18 juillet 2026. Sa présence s’inscrit dans le prolongement du rôle diplomatique actif joué par le Sénégal au sein de l’organisation sous-régionale. Notamment sur le dossier du dialogue avec les pays du Sahel. Depuis 2024, le chef de l’État sénégalais avait été mandaté par la CEDEAO pour renouer le contact avec les membres de l’AES.
La création d’une force régionale à l’ordre du jour
Avec la persistance des menaces sécuritaires et des crises institutionnelles, la création d’une force propre à la CEDEAO figure parmi les sujets centraux de ce sommet de Lungi. Cette question fait suite aux discussions engagées lors du 68ème sommet ordinaire tenu à Abuja le 14 décembre 2025, au cours duquel les chefs d’État avaient réaffirmé la nécessité d’une coordination renforcée en matière de défense collective face aux menaces transfrontalières.
Lors de ce précédent sommet d’Abuja, les dirigeants ouest-africains avaient salué la réaction rapide de la force en attente de la CEDEAO lors de la tentative de coup d’État au Bénin le 7 décembre 2025. La mise en place d’un dispositif opérationnel permanent, au-delà de la force en attente existante, constitue une réponse aux défis sécuritaires dans la sous-région. Notamment face à l’expansion du terrorisme et de l’extrémisme violent.
Le rapprochement avec l’AES, un dossier diplomatique sensible
La stratégie à adopter pour assouplir les relations avec l’Alliance des États du Sahel constitue l’autre grand enjeu de ce sommet. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui ont quitté la CEDEAO après des transitions militaires, forment depuis lors un bloc distinct dont le réengagement avec l’organisation ouest-africaine reste un objectif diplomatique prioritaire.
Ce dossier avait déjà occupé une place importante lors du sommet d’Abuja en décembre 2025, qui s’était tenu dans un contexte de fortes turbulences politiques, marqué par le putsch du 26 novembre 2025 en Guinée-Bissau ayant renversé le Président Umaro Sissoco Embalo. La CEDEAO avait alors rejeté la feuille de route proposée par la junte guinéenne et exigé un retour à l’ordre constitutionnel, tout en optant pour des sanctions ciblées contre les individus entravant ce processus.
Un héritage du sommet d’Abuja en toile de fond
Le sommet de Lungi s’inscrit dans la continuité des décisions prises à Abuja en décembre 2025. Les chefs d’État avaient alors réaffirmé une politique de tolérance zéro envers les changements anticonstitutionnels de gouvernement, rappelée par le président de la Commission Omar Alieu Touray. La lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent avait également été identifiée comme un pilier central de l’action collective, avec un appel à une coopération approfondie en matière de renseignement et d’opérations coordonnées aux frontières.
Sur le plan économique, le projet de monnaie unique régionale, l’Eco, dont l’échéance était fixée à 2027, ainsi que des mesures visant à réduire le coût du transport aérien intra-régional et à encourager l’investissement privé, avaient également figuré à l’agenda du sommet d’Abuja. Ces chantiers restent ouverts à l’heure où la CEDEAO se retrouve à Lungi pour fixer de nouvelles orientations sous la présidence sénégalaise de sa Commission.




