Jean-Marc Ayrault au Maroc : une visite à 300 millions d’euros


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Le Premier ministre français prend le large. Jean-Marc Ayrault est depuis ce mercredi en visite officielle au Maroc afin de « donner un nouvel élan » aux relations entre Paris et Rabat. Par ailleurs, il participera à la cérémonie d’inauguration du tramway casablancais.

La tempête Florange, balayée. Mais pour deux jours seulement. Le temps pour le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, en visite au Maroc ce mercredi et jeudi, de « donner un nouvel élan » aux relations entre l’hexagone et le royaume. A la clé, la signature d’accords portant sur 300 millions d’euros. Cette rencontre revêt « une dimension particulière, puisque c’est la première fois que le nouveau gouvernement français rencontre le gouvernement marocain issu des urnes lui aussi dans le courant de l’année 2012 », explique-t-on à Matignon, selon l’AFP. Une impressionnante armada de ministres l’accompagne, dont Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, Christiane Taubira, ministre de la Justice, et bien entendu l’enfant du pays Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement et ministre des Droits des femmes. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, rejoindra le bataillon à l’issue d’une réunion à Marrakech du groupe des « Amis du peuple syrien ».

Une rencontre royale

Cette visite coûte au Maroc la bagatelle de 300 millions d’euros. Un contrat dans le domaine des énergies renouvelables avec EDF (attribution d’un parc éolien) et trois dans la construction de la ligne à grande vitesse Tanger-Casablanca doivent être signés. Par ailleurs, quatre conventions relatives au secteur bancaire, portant sur 280 millions de prêts, seront conclues. Bien qu’elle ait perdu sa place de premier partenaire commercial au profit de l’Espagne, la France reste le premier partenaire économique du Maroc. Près de 750 entreprises françaises existent au royaume, dont 36 du Cac 40.

Pendant son périple chérifien, Jean-Marc Ayrault sera reçu en audience par le roi Mohammed VI et par son homologue, Abdelilah Benkirane. Jeudi, une « rencontre de haut-niveau » entre les deux gouvernements aura lieu. Le Premier ministre français devrait à cette occasion « réaffirmer un partenariat d’exception qui lie la France et le Maroc ». Les décisions sur les relations bilatérales « pour les deux ans à venir » seront prises pendant la rencontre.

L’Algérie en vedette

La visite au Maroc du Premier ministre français intervient une semaine avant celle de François Hollande en Algérie, les 19 et 20 décembre. A Matignon, on assure qu’ « il y a une coïncidence des dates entre les deux déplacements, mais qui n’est pas voulue ». Après quelques froids diplomatiques, les relations entre la France et l’Algérie semblent aller mieux, notamment depuis que François Hollande a reconnu, entre autre, la responsabilité de la république dans les massacres du 17 octobre 1961.

Mais la France ne tient pas à faire de jaloux. « Ce n’est parce qu’on va avoir de bonnes relations avec l’Algérie qu’on va avoir de mauvaises relations avec le Maroc (…) Il n’y a pas de concours de beauté, pas de compétition », murmure-t-on à Matignon. Il n’en demeure pas moins que l’Algérie sera le premier pays maghrébin qui accueillera François Hollande en tant que chef d’Etat…

Casablanca bouleversée par le tramway

La délégation française assistera par ailleurs à la cérémonie d’inauguration ce mercredi du tramway de Casablanca. Elle aura lieu en présence du roi Mohammed VI. Après trois ans de travaux, le plus long tramway d’Afrique voit le jour. Le projet, dans lequel 5.9 milliards de dirhams (5.3 millions d’euros) ont été injectés, a été conçu en partenariat avec le groupe français Alstom, également en charge de construire les futures rames du TGV marocain contesté. L’exploitation du tramway sera assurée par la Régie autonome des transports parisiens (RATP) via sa filiale RATP Dev.

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