François Hollande en Algérie : opération séduction ?

Le président français, François Hollande, qui doit effectuer, le 19 décembre prochain, une visite officielle en Algérie à l’invitation du président Abdelaziz Bouteflika, est très attendu. Cette visite aux enjeux politiques et économiques fait déjà l’objet d’importants préparatifs.

(De notre correspondant)

Le Chef de l’Etat français, François Hollande, jouit chez les Algériens d’un capital non négligeable de sympathie et d’estime. Il est en odeur de sainteté chez les jeunes, notamment, qui attendent beaucoup de lui. La facilitation des mesures d’obtention de visa et la fluidification dans la circulation des personnes et des biens restent un grand enjeu de cette visite d’Etat de deux jours.

Contrairement à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui inspirait de la méfiance, François Hollande a déjà tendu un bras à l’Algérie en reconnaissant officiellement la répression sanglante lors des manifestations du 17 octobre 1961 à Paris. Un geste qui a son pesant d’or dans la balance des relations entre les deux pays. Outre le rapprochement entre les deux peuples, français et algériens, auquel œuvre cette visite d’Etat, la déclaration de partenariat qui sera au programme d’action des cinq années à venir, est aussi un élément saillant qui attend plus d’éclaircissements et de minutie.

De la délégation française qui, sera composée de plusieurs experts, est attendue la tâche de trancher sur d’autres dossiers foisonnants comme les contrats commerciaux dans l’agroalimentaire, l’agriculture et l’industrie.

Le dossier relatif à l’installation d’une usine de montage de véhicules Renault à Oran sera également au menu des débats entre les responsables des deux pays.

La reconnaissance « claire et sans ambages des crimes perpétrés à l’encontre du peuple algérien par le colonialisme français » reste un couac politique que la génération 54 attend depuis l’accession de l’Algérie à l’indépendance, un certain 5 juillet 1962.

« Au regard des crimes perpétrés par ce colonisateur contre un peuple sans défense et compte tenu de leur impact dans l’esprit même des générations qui n’ont pas vécu cette période, sachant que tout un chacun connait les affres subies par notre peuple du fait de la torture, des mutilations et de la destruction, les Algériens veulent une reconnaissance franche des crimes perpétrés à leur encontre », avait déclaré à la presse le ministre algérien des Moudjahidines, Mohamed Cherif Abbas.

Les Algériens attendent de cette venue du premier patron de l’Elysée, l’éclaircissement et le renforcement des relations bilatérales de même que le rapprochement des deux peuples qui entretiennent de bons rapports.

« La visite de deux jours que doit effectuer le nouveau chef d’Etat français, François Hollande, chez nous est une occasion d’aplanir les différends qui encombrent les relations bilatérales entre les deux pays. Personnellement, je m’attends à la facilitation de la procédure d’obtention de visas pour faciliter les mouvements des personnes et des biens », nous fait remarquer L.Belaid, étudiant en droit en Kabylie.

A Alger, le président Hollande qui devra prononcer un discours devant la Chambre des députés et le Sénat avant de s’adresser aux jeunes Algériens est attendu avec impatience. « François Hollande est un président exemplaire qui œuvre pour le rapprochement entre les peuples, français et algériens, liés l’un à l’autre par des liens historiques. Le discours qu’il prononcera sera dans le sens de réchauffer les relations entres les deux pays , appelés à conjuguer leurs efforts dans le contexte politique actuel », déclare à Afrik.Com Mohand Arezki, un retraité de France.

François Hollande est également attendu à Tlemcen, ville d’où est originaire le président Abdelaziz Bouteflika, pour une visite touristique. Des milliers de jeunes l’attendent à bras ouverts comme en témoignent les préparatifs qui s’y déroulent depuis déjà quelques semaines.