Maroc : 13 ans de règne pour Mohammed VI

Ce lundi 30 juillet marque le 13e anniversaire de règne du roi du Maroc, Mohammed VI. A l’occasion de cette date, le monarque a appelé à poursuivre les réformes entreprises depuis plus d’un an dans le sens de la démocratisation et de la modernisation, tout en restant fidèle à la tradition.

Lors de son discours, le roi réformateur s’est encore illustré. « La justice, la régionalisation et la gouvernance territoriale figurent en tête de nos priorités », dans un Maroc comparé à un « modèle d’attachement à l’islam sunnite prônant le juste milieu », selon l’AFP. Mohammed VI est en effet un réformateur, tout en restant un roi très puissant.

Ce dernier a hérité d’un pays placé au 130e rang dans le monde pour le développement économique et social, lors de son intronisation, le 30 juillet 1999. Le jeune roi, que l’on croyait faible par opposition à son père Hassan II, limoge le ministre de l’Intérieur Driss Basri après trois mois. Parallèlement, il autorise l’opposant Abraham Serfaty à regagner le Maroc. Il dénonce également le poids du Makhzen (la puissante administration). Pour synthétiser, dès son arrivée sur le trône, Mohammed VI semble prêt à réformer sans toutefois révolutionner. Il fait par exemple adopter le code de la famille (Moudawana) en 2004.

Les tabous reculent progressivement et les mœurs sont strictement encadrées notamment la polygamie, mais les injustices sociales augmentent. Le développement économique du pays va de pair avec le creusement des inégalités sociales, créant un Maroc à deux vitesses. La fortune de Mohammed VI est par exemple estimée à 2,5 milliards de dollars (plus de deux milliards d’euros) et représente 6 % du PIB du Maroc, un pays où 5 millions de personnes vivent avec moins d’un euro par jour.

Par ailleurs, même si le problème du Sahara occidental est à régler, la question permet au roi de souder un peuple autour de sa personne, dans un nationalisme où la division est prohibée.

Toutefois, au début de l’année mouvementée de 2011, suite à de nombreuses manifestations, le roi décide de réformer la Constitution, une réforme approuvée par référendum le 1er juillet 2011. Elle renforce le pluralisme, les libertés individuelles et les droits de l’Homme, en renforçant les pouvoirs du Parlement et du chef de gouvernement. Mohammed VI conserve néanmoins la quasi-totalité de ses pouvoirs.

Une stature internationale

Sous le règne de Mohammed VI, le Maroc a encore renforcé ses liens politiques et économiques avec les Etats-Unis et la France, comme ci-dessous lors de la visite de Mohammed VI à Paris, filmé par BFM TV.

Le Royaume chérifien est ainsi considéré comme un allié sûr dans la guerre contre le terrorisme au Maghreb, progressiste, tourné vers la modernité. Pour ne pas dire tourné vers l’Occident.

Le roi a de même cherché à faire baisser les tensions avec le voisin algérien, notamment vis-à-vis de la question du Sahara occidental, ainsi qu’à multiplier les échanges. Même s’il refuse toute indépendance ou trop forte autonomie du Sahara occidental, Mohammed VI a proposé un large plan d’autonomie pour la région. Certes, la situation est encore loin d’être réglée, mais le roi sait être plus souple que son défunt père. Mohammed VI, après 13 ans de pouvoir, donne l’image d’un réformateur et d’un dirigeant moderne, tout en restant un roi très puissant et qui plus est « commandeur des croyants » du Maroc.

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