Tourisme en Algérie : 280 projets enregistrés, le pari de la concrétisation


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Elephant désert Algérie @Sébastien Cailleux
Elephant désert Algérie @Sébastien Cailleux

Le potentiel touristique algérien fait partie de ces ressources inexploitées depuis trop longtemps. Les données publiées par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) suggèrent un chnagement. Lors d’une réunion de travail à Mostaganem, son directeur général Omar Rekkache a confirmé l’enregistrement de 280 dossiers d’investissement touristique depuis l’adoption de la loi relative à l’investissement. Le volume financier annoncé dépasse les 257,5 milliards de dinars, soit environ 1,75 milliard d’euros, pour plus de 17 000 emplois directs attendus à terme. Des chiffres significatifs, qui montre une évolution notable des ambition de l’Algérie en matière touristique.

Un déploiement qui dépasse l’axe Alger-Oran

L’offre touristique algérienne tire sa singularité de la diversité de ses terrains. Avec plus de 1 200 kilomètres de littoral méditerranéen, un patrimoine thermal dense, des sites antiques de premier plan, des massifs montagneux et l’attrait planétaire du Sahara, l’Algérie offre une proposition unique. Mais les freins structurels sont connus avec un déficit en capacités d’accueil aux standards internationaux, des difficulté d’accès au foncier économique, et l’absence de promotion ciblée sur les marchés émetteurs.

Couv National Geographic Algérie
Couv National Geographic Algérie

La stratégie actuelle s’appuie sur la mise à disposition d’assiettes foncières dédiées et leur attribution coordonnée par l’AAPI. Trois ensembles territoriaux concentrent les projets. D’abord sur la façade littorale et dans les métropoles de Mostaganem, Alger, Oran, Boumerdès, Jijel et Annaba. Dans ces lieux, c’est le balnéaire, la plaisance et le tourisme d’affaires qui dominent.

Sur les Hauts Plateaux, à Sétif, Guelma ou Biskra, le thermalisme et le bien-être sont privilégiés.

Dans le Grand Sud, à Timimoun, Djanet, El Oued ou Tamanrasset, l’aventure, l’écotourisme et l’immersion culturelle constituent l’argument principal.

Le choix de Mostaganem pour annoncer ces chiffres répond à une logique. En effet, la wilaya combine attractivité côtière, tissu industriel en croissance et bonne connectivité dans l’Ouest. Elle illustre aussi la volonté de l’AAPI de ne pas concentrer les capitaux sur Alger et les pôles historiques.

Emploi des jeunes : ce que peut, et ce que ne peut pas, le tourisme

L’effet le plus attendu reste la création d’emplois durables pour les diplômés. Le tourisme présente l’avantage que sa chaîne de valeur n’est pas délocalisable. Hôtellerie, restauration, transport de voyageurs, guidage, gestion de sites patrimoniaux, conciergerie, plateformes de réservation, chaque projet hôtelier de taille moyenne enclenche un écosystème de PME et d’artisans.

Pour que cela fonctionne pleinement, il faut que la formation aux métiers de l’hôtellerie, poursuive sa montée en gamme. La politique de visas, partiellement assouplie pour le Sud saharien via le dispositif électronique, doit encore gagner en lisibilité pour les marchés européens et asiatiques. Enfin, la connectivité aérienne intérieure, en particulier vers le Sud, doit aussi être améliorée. Quant à la digitalisation des services de réservation et d’accueil, il faut qu’elle monte au niveau des standards des concurrents directs.

Sur ce dernier point, la comparaison régionale n’est pas anodine. Le Maroc accueille autour de 14 millions de visiteurs par an, la Tunisie environ 9 millions. L’Algérie, avant la pandémie, plafonnait sous les 3 millions, dont une part importante de visites affinitaires liées à la diaspora. C’est précisément cette diaspora, notamment en France, qui constitue à la fois un marché touristique sous-exploité et un vivier d’investisseurs distinct des grands fonds institutionnels.

Le cadre est posé, l’exécution reste à prouver

La loi sur l’investissement adoptée ces dernières années a apporté des garanties de stabilité et la simplification des démarches via un guichet unique numérique. Ainsi, le retour des porteurs de projets, qu’ils soient privés nationaux, issus de la diaspora ou institutionnels, est tangible.

Reste donc à l’Algérie à transformer ces 280 dossiers en réalités opérationnelles. Le diagnostic et le cadre existent, maintenantl’épreuve est celle du concret.

Ali Attar
Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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