
La stratégie algérienne de relance industrielle se déploie dans l’ouest du pays. Samedi 23 mai, la pose de la première pierre de sept nouvelles unités industrielles dans les zones d’El Bordjia 1 et 2, à Mostaganem, marque le coup d’envoi de plusieurs projets majeurs. Portés par une enveloppe globale de 200 milliards de dinars (soit près de 1,3 Mds euros), ces investissements visent à réduire la dépendance du pays aux importations dans des secteurs clés du papier, du plastique et de l’agroalimentaire.
La première étape de l’opération, menée sous la supervision directe du wali de Mostaganem, Ahmed Boudouh, et du directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, concrétise l’attribution du foncier économique dans la région. À El Bordjia, vingt-neuf lots industriels ont été alloués sur une superficie globale de 180 hectares. A la clé, c’est la promesse de créer plus de 6 200 emplois directs.
Ces projets ciblent prioritairement des filières stratégiques pour la sécurité économique nationale dans le cadre de la diversification du président Tebboune. Cela passe à Mostaganem par la transformation du papier, par les plastiques et par la production de semences de pomme de terre et l’huile alimentaire.
Faderco et Warq : 30 milliards DA investis dans la filière papier et plastique
Le groupe Faderco se positionne en leader de cette dynamique territoriale à travers un projet intégré comprenant trois unités industrielles distinctes. Ce complexe industriel intègre le projet « Warq », dédié à la production de pâte à papier et de carton, ainsi que l’entité « Mapi Tek », spécialisée dans la transformation primaire des matières plastiques. Cet investissement global, estimé à 30 milliards de dinars, devrait générer 1 200 emplois directs et 3 600 emplois indirects.
En parallèle, le projet « Talas » prévoit le déploiement de deux unités de fabrication de carton et de papier kraft. Conçu selon un modèle d’économie circulaire, ce complexe table sur la valorisation des matières premières locales et devrait employer entre 500 et 600 travailleurs directs, tout en soutenant près de 4 000 emplois indirects dans la sous-traitance et la logistique. Un appel d’air important pour l’économie locale.
Sécurité alimentaire : semences et huile de table opérationnelles sous 18 mois
Au-delà de l’industrie manufacturière, deux autres unités lancées à El Bordjia touchent directement à la souveraineté alimentaire de l’Algérie. La première se consacrera à la production et au stockage de semences de pomme de terre. En effet, il s’agit d’un secteur crucial pour réduire la facture d’importation agricole. La seconde unité produira de l’huile alimentaire de table. Selon le calendrier officiel des autorités, leur mise en service effective est programmée dans un délai de 18 mois.
Pour éviter le piège des projets qui restent bloqués sur le papier, l’AAPI a déjà finalisé 17 contrats de concession, permettant le démarrage immédiat des chantiers en favorisant l’aménagement des zones industrielles et l’échèvement des infrastructures de base;
Les autorités locales ont également confirmé l’achèvement des travaux d’aménagement lourds sur les sites d’El Bordjia 1 et El Bordjia 2. Les raccordements aux réseaux d’énergie, l’installation d’un transformateur électrique haute tension, ainsi que le déploiement des stations de pompage et de gestion des eaux industrielles sont désormais opérationnels.
Grâce à sa façade maritime et son fort potentiel agricole, la wilaya de Mostaganem valide ainsi sa transition vers un statut de pôle industriel de premier plan pour l’Ouest algérien.



