Tirs nourris près de la prison centrale de Conakry : forte tension au cœur de la capitale


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Les Forces spéciales de Guinée
Les Forces spéciales de Guinée

Des tirs d’armes automatiques ont retenti mardi matin aux abords de la prison centrale de Conakry, en Guinée. Les détonations ont été entendues dans le quartier de Kaloum, centre administratif de la capitale où se situent notamment le palais présidentiel et plusieurs institutions clés. L’incident, qui a provoqué un mouvement de panique, s’inscrit dans un contexte sécuritaire déjà sensible autour de cet établissement pénitentiaire.

À ce stade, les autorités n’ont pas encore communiqué officiellement sur les causes de ces événements.

Des rafales entendues pendant plus d’une demi-heure

Selon plusieurs témoins, les tirs ont commencé peu avant 9 heures du matin et ont duré un peu plus de trente minutes. Des habitants du quartier évoquent des rafales nourries et des véhicules circulant à vive allure au moment des faits. Certains riverains affirment avoir entendu des coups de feu provenant directement de l’intérieur de la prison.

La scène a rapidement semé la confusion. Des automobilistes coincés dans les embouteillages ont quitté précipitamment leurs véhicules pour se mettre à l’abri. Une habitante vivant à proximité de l’établissement évoque une « débandade » dans les rues voisines avant que la situation ne semble se calmer en fin de matinée.

Déploiement sécuritaire et accès bloqués

Peu après les tirs, policiers et forces spéciales ont déployé un important dispositif de sécurité autour de la prison. Les routes menant à l’établissement ont été fermées pendant plusieurs heures, tandis qu’un véhicule blindé des forces spéciales a été positionné devant l’entrée.

Des ambulances ont également été aperçues sur place. L’accès au centre-ville a finalement rouvert peu avant 11 heures, après une accalmie apparente. Toutefois, aucune information officielle n’a été fournie sur d’éventuelles victimes ou sur l’origine des tirs.

Un lieu déjà marqué par des événements violents

La prison centrale de Conakry reste un site particulièrement sensible. En novembre 2023, un commando lourdement armé y avait extrait l’ancien dirigeant Moussa Dadis Camara lors d’une opération violente qui avait fait plusieurs morts. L’établissement accueille également de nombreux détenus impliqués dans des dossiers politiques ou militaires sensibles, notamment liés au massacre du 28 septembre 2009.

L’absence de communication officielle alimente les interrogations sur la nature exacte de ces tirs. Pour l’heure, les autorités guinéennes n’ont pas précisé s’il s’agit d’une tentative d’évasion, d’une opération sécuritaire ou d’un incident interne.

Sidoine
Sidoine observe, écoute et raconte l’Afrique telle qu’elle se vit au quotidien. Sur Afrik.com, il mêle récits, portraits et analyses pour donner chair aux événements et aux débats qui animent le continent
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