Terrorisme en Mauritanie : trois Maghrébins et un Mauritanien arrêtés

Deux Tunisiens, un Libyen et un Mauritanien ont été arrêtés ce week-end, en Mauritanie, en raison de leur proximité présumée avec les milieux terroristes salafistes. Dans le même temps, quatre personnes suspectées d’avoir aidé les assassins des quatre touristes français retrouvés morts près d’Aleg, le 24 décembre dernier, ont été inculpés par la justice.

Avec Panapress, Nouakchott

Au moins trois personnes d’origine maghrébine et un Mauritanien, considérés comme proches de la mouvance terroriste salafiste, ont été arrêtés ce week-end par la police mauritanienne, rapporte dimanche Al- Akhbar, un journal mauritanien proche des milieux islamistes modérés. Ces arrestations, confirmées par les services de sécurité, touchent des individus adeptes « d’une idéologie extrémiste », dans le cadre d’une campagne « visant la mise aux arrêts de tous les étrangers porteurs d’idées salafistes ayant des liens avec les jeunes Mauritaniens proches des milieux djihadistes », précise la même source.

Selon Al-Akhbar, les individus arrêtés sont Naim Carboni, un Mauritanien qui étudie les sciences religieuses dans une école coranique, Wail Houssein (Tunisie), Abdel Kerim Karaoui (Tunisie) et Youssef Mohamed Makhzoum (Libye). Les services de police nationaux n’établissent toutefois pas un lien formel entre eux et les auteurs présumés de l’attentat qui a coûté la vie le 24 décembre dernier à quatre touristes français, près d’Aleg (260 km au sud-est de Nouakchott).

Quatre inculpations et quatre non lieu

Quatre personnes suspectées d’avoir aidé les assassins des touristes français ont été inculpées ce dimanche de « fourniture de moyens logistiques permettant à des auteurs d’un acte terroriste de fuir et de se soustraire à la justice », selon une source judiciaire citée par l’AFP. Le procureur du tribunal de Nouakchott a requis un mandat de dépôt contre Moustapha Ould Abdel Kader, dit « Abou Said », soupçonné d’avoir commandité l’attaque, et Taki Ould Moulaye Ould Sinni, propriétaire de la voiture à bord de laquelle les assaillants ont gagné les lieux du crime.

Il a recommandé le placement sous contrôle judiciaire du chauffeur qui avait conduit les assassins jusqu’au fleuve Sénégal, après qu’ils ont commis leur forfait, et du piroguier qui leur avait permis de le traverser. Quatre autres suspects ont en revanche bénéficié d’un non lieu pour « manque de preuves », dont deux femmes. Il s’agit de la cousine du troisième auteur présumé de l’attaque, Maarouve Mohamed Habib, en cavale et pour lequel Interpol a diffusé dimanche un avis de recherche international, et de l’épouse d’« Abou Saïd ».

Extradés de Guinée-Bissau le 11 janvier dernier en compagnie de trois autres Mauritaniens soupçonnés de leur avoir « porté assistance », Mohammed Chabarnou (26 ans) et Sidi Ould Sidina (20 ans), deux des présumés auteurs des assassinats, sont actuellement placés en garde à vue et entendus par la Sûreté d’Etat.

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