
L’armée nigérienne a annoncé avoir neutralisé quarante-trois combattants armés et interpellé vingt-huit « suspects et complices » au cours d’opérations aéroterrestres menées dans plusieurs zones du pays. L’annonce a été faite, ce jeudi, par le Centre intégré de coordination des opérations (CICO), à travers un communiqué diffusé à la télévision publique.
Selon l’état-major, ces opérations ont mobilisé des troupes au sol appuyées par des frappes coordonnées de vecteurs aériens. « Des opérations conduites par des troupes au sol, appuyées par des frappes coordonnées de vecteurs aériens, ont permis de neutraliser 43 terroristes et d’interpeller 28 suspects et complices présumés des groupes armés terroristes », indique le communiqué officiel.
D’importantes saisies logistiques
Au-delà du bilan humain, l’armée met en avant l’ampleur des saisies réalisées. Les forces engagées auraient récupéré un important arsenal comprenant armes et munitions, mais aussi du matériel explosif et divers produits destinés à des réseaux criminels. Parmi les éléments saisis figurent notamment 5 452 baguettes de dynamite, 68 rouleaux de cordeau détonant, plus de 68 000 litres de carburant de contrebande ainsi que des centaines de milliers de comprimés qualifiés de « nocifs » par les autorités militaires. Ces produits, selon le CICO, alimentaient des circuits clandestins liés aux groupes armés.
Ces chiffres témoignent de la dimension logistique des réseaux opérant dans le pays, qui combinent activités terroristes, trafics transfrontaliers et criminalité organisée pour financer leurs opérations.
Une insécurité persistante depuis 2015
Le Niger est confronté depuis 2015 à une insécurité chronique dans plusieurs de ses régions. La région de Diffa, au sud-est, frontalière du Nigeria, subit les incursions et attaques du groupe Boko Haram. À l’ouest et au nord-ouest, notamment dans les régions de Tahoua, Dosso et Tillabéri, les violences sont attribuées à des combattants affiliés à Daech, également connu sous le nom d’État islamique. La situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante dans la zone dite des « trois frontières » (Niger, Mali, Burkina Faso), devenue l’un des principaux foyers d’instabilité au Sahel.
Le climat sécuritaire s’est encore tendu à la fin du mois de janvier, lorsque le groupe Daech a revendiqué l’attaque du 29 janvier contre l’Aéroport international Diori-Hamani à Niamey, un symbole stratégique du pays. Cette revendication a mis en lumière la capacité des groupes armés à frapper des cibles sensibles, y compris dans la capitale.
Une stratégie militarisée assumée
Depuis la prise de pouvoir par les autorités militaires, la lutte contre le terrorisme est affichée comme une priorité absolue. Les opérations aéroterrestres, combinant renseignement, mobilité et appui aérien, s’inscrivent dans une stratégie visant à démanteler les bases logistiques et à perturber les circuits d’approvisionnement des groupes armés. Cependant, malgré les annonces régulières de neutralisations et de saisies, les attaques se poursuivent dans plusieurs régions du pays. La capacité de nuisance des groupes armés, leur ancrage local et les dynamiques transfrontalières complexifient la stabilisation durable du territoire.
L’annonce de ces nouvelles opérations se fait à un moment où l’armée cherche à démontrer sa montée en puissance opérationnelle et sa détermination à reprendre l’initiative face aux groupes armés actifs sur le territoire nigérien. Si le bilan communiqué constitue un succès tactique pour les forces de défense et de sécurité, le défi stratégique demeure : restaurer durablement la sécurité dans un pays confronté à une insécurité multiforme depuis plus d’une décennie.




