
Sept soldats tchadiens ont été tués jeudi lors d’un accrochage armé près de la localité frontalière de Tiné, dans l’est du pays. Selon les autorités de N’Djamena, l’attaque est attribuée aux Forces de soutien rapide, engagées dans la guerre au Soudan voisin. Le gouvernement tchadien dénonce une violation grave de sa souveraineté et annonce un renforcement immédiat de son dispositif sécuritaire. Cet incident illustre les risques croissants de régionalisation du conflit soudanais, déjà à l’origine d’un afflux massif de réfugiés au Tchad.
Le ton monte dangereusement entre N’Djamena et les belligérants du conflit soudanais. Ce jeudi, l’est du Tchad a été le théâtre d’un affrontement meurtrier près de la localité frontalière de Tiné, dans la région du Wadi Fira. Sept soldats tchadiens ont perdu la vie lors d’une incursion armée menée par les Forces de soutien rapide (FSR), les paramilitaires soudanais qui luttent pour le contrôle du Soudan voisin. Cet incident, d’une gravité inédite par son bilan humain, place les autorités tchadiennes dans une position de fermeté absolue face aux débordements répétés d’une guerre qu’elles refusent d’importer sur leur sol.
Une incursion qui vire au drame
Le scénario de l’accrochage, tel que décrit par le porte-parole du gouvernement tchadien, Mahamat Cherif Gassim, témoigne d’une tension extrême sur la ligne de démarcation. Des éléments des FSR auraient franchi illégalement la frontière pour pénétrer sur le territoire tchadien. Interpellés par les forces de défense et de sécurité nationales qui leur sommaient de rebrousser chemin, les paramilitaires soudanais auraient ouvert le feu sans sommation.
Outre les sept militaires tués, le bilan fait état de plusieurs blessés, dont un général, ainsi que d’importants dégâts matériels. Après l’attaque, les assaillants se sont repliés en territoire soudanais, laissant derrière eux un climat de peur qui a contraint les autorités locales à instaurer un couvre-feu strict entre 20h et 5h dans le département de Tiné.
L’ultime avertissement de N’Djamena
Face à ce qu’il qualifie d’agressions intolérables et de violation manifeste de la souveraineté nationale, le gouvernement tchadien ne cache plus son exaspération. Le Tchad rappelle qu’il n’est partie prenante dans aucun des camps qui s’affrontent au Soudan depuis avril 2023.
Pourtant, ce n’est pas la première fois que le pays est touché : le 26 décembre dernier, deux autres soldats tchadiens avaient déjà péri dans une attaque de drone attribuée aux mêmes paramilitaires. Par la voix de son porte-parole, N’Djamena lance aujourd’hui ce qu’elle appelle un dernier avertissement aux forces soudanaises, menaçant d’une riposte immédiate et systématique en cas de nouvelle provocation.
Un conflit qui menace toute la région
Le débordement de la crise soudanaise au Tchad illustre l’instabilité croissante du Sahel central. Alors que les FSR dominent désormais la quasi-totalité du Darfour après la prise d’El-Facher en octobre, la pression sur la frontière tchadienne s’accentue. Le pays accueille déjà près d’un million de réfugiés soudanais ayant fui les massacres et les déplacements forcés, créant une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent.
Dans ce contexte volatil, la condamnation des Émirats arabes unis, bien que prudente et n’attribuant pas explicitement l’attaque aux FSR, souligne l’enjeu diplomatique majeur que représente cette bande frontalière où la moindre étincelle pourrait transformer une guerre civile soudanaise en un embrasement régional incontrôlable.




