
Des combats meurtriers ont opposé l’armée tchadienne et des combattants rebelles dans le sud du pays. Ces affrontements ravivent les inquiétudes sécuritaires dans une région où sévissent l’instabilité et des négociations de paix au point mort.
Des combats intenses près de la frontière centrafricaine
Le sud du Tchad a été le théâtre de violents affrontements armés cette semaine, preuve de la persistance des tensions entre les forces gouvernementales et des groupes rebelles actifs dans la région. Dans la province du Moyen-Chari, non loin de la frontière avec la République centrafricaine, des échanges de tirs ont éclaté mardi dans la zone de Korbol, impliquant l’armée tchadienne et des éléments du Mouvement pour la paix, la reconstruction et le développement (MPRD).
Selon plusieurs sources locales, les combats ont débuté en fin de matinée et se sont prolongés durant plusieurs heures. Le bilan humain exact reste difficile à établir. Mais des pertes sont signalées des deux côtés, ainsi que des blessés parmi les combattants et les soldats réguliers. La situation sécuritaire demeure tendue, avec une présence militaire renforcée dans les localités environnantes.
Une opération militaire qui dégénère
D’après des responsables du MPRD, l’armée aurait lancé une opération de progression vers Korbol en passant par des localités voisines, dans le cadre d’un dispositif visant à reprendre le contrôle de la zone. Des autorités administratives locales auraient été dépêchées pour tenter une médiation, mais la situation aurait rapidement dégénéré.
De leur côté, des sources proches du pouvoir évoquent plutôt une attaque surprise menée par les combattants rebelles contre une patrouille militaire, déclenchant une riposte de grande ampleur. Des versions contradictoires preuve de la difficulté à établir une chronologie claire des événements dans une région où l’accès à l’information reste limité.
Des négociations de paix dans l’impasse
Ces affrontements surviennent dans un contexte politique délicat. Depuis plusieurs mois, le gouvernement tchadien et le MPRD étaient engagés dans des discussions en vue d’un accord de paix durable, prévoyant notamment le désarmement et la réintégration des combattants rebelles. Toutefois, ces pourparlers semblent aujourd’hui dans une impasse.
Le MPRD reproche aux autorités de ne pas avoir donné suite à certaines revendications clés, notamment le retrait des forces armées de zones jugées sensibles par le mouvement. Les rebelles estiment que la pression militaire actuelle vise à les contraindre à déposer les armes sans garanties politiques ou sécuritaires suffisantes.
Une région sous haute tension sécuritaire
Le Moyen-Chari est régulièrement confronté à des problèmes de sécurité, alimentés par la circulation d’armes légères, la porosité des frontières et les répercussions des conflits voisins, en particulier en Centrafrique. Les populations civiles, prises entre les forces en présence, subissent de plein fouet les conséquences de ces violences, avec des déplacements internes et une perturbation des activités économiques locales.
Les organisations de la société civile appellent à une désescalade rapide et à la reprise du dialogue inclusif. Jusqu’à présent, les autorités tchadiennes n’ont pas communiqué officiellement sur l’ampleur des affrontements ni sur les perspectives de sortie de crise. Ce silence alimente les spéculations et les inquiétudes, alors que le Tchad joue un rôle stratégique dans la stabilité de l’Afrique centrale et du Sahel.





