Succès pour le Festival International des Cultures Sahariennes (FICSA) de retour après sept ans d’absence


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Festival International des Cultures Sahariennes
Festival International des Cultures Sahariennes

Amdjarass (Tchad). Du 7 au 13 février 2026, la 6ᵉ édition du FICSA a célébré les cultures des peuples du Sahara, avec le Niger comme invité d’honneur. Retour sur une édition marquante.

Né de la volonté de son fondateur Issouf Elli Moussami, président de l’association La Saharienne créée en 2003, de promouvoir le tourisme et de faire reconnaître les cultures sahariennes comme un patrimoine vivant de l’humanité, le Festival International des Cultures Sahariennes (FICSA) a fait son grand retour après sept années d’interruption. Placée sous le thème « Coopération Sud-Sud : culture et tourisme durable pour des territoires inclusifs », cette 6ᵉ édition, qui s’est tenue du 7 au 13 février à Amdjarass, chef-lieu de la province de l’Ennedi-Est, a permis de valoriser tout au long de la semaine le patrimoine immatériel saharien dans ses dimensions culturelles, diplomatiques, économiques, scientifiques et artisanales.

Organisé à Amdjarass, localité emblématique du nord-est tchadien et fief du président Mahamat Idriss Déby Itno, le FICSA est un événement culturel d’envergure internationale qui met en avant non seulement la culture et le patrimoine du Tchad, mais aussi ceux de l’ensemble des pays sahariens. L’esprit de cette communauté des régions sahariennes s’est fait ressentir dès l’ouverture des festivités, le 7 février dernier, avec la présence de nombreuses délégations venues du Mali, du Burkina Faso, de la Mauritanie, de l’Égypte, du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, des Émirats arabes unis et du Niger, pays invité d’honneur pour cette édition. Artistes, artisans et experts de toute la bande saharo-sahélienne ont convergé vers cette cité aux portes du désert.

Une cérémonie d’ouverture placée sous le signe de la fraternité saharienne

Dès l’ouverture du FICSA sur la tribune d’Amdjarass, les discours et les représentations artistiques ont donné le ton de cette 6ᵉ édition tant attendue. L’événement a revêtu une dimension politique et diplomatique exceptionnelle, avec la présence conjointe de trois Premiers ministres : le Tchadien Allah Maye Halina, le Nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine et le Burkinabè Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo.

Avant la déclaration officielle d’ouverture du festival par le Premier ministre tchadien, ce sont des femmes et des hommes convaincus qui ont rendu un hommage appuyé à cette initiative, au travers de prises de parole qui ont su marquer l’assistance et les touristes venus nombreux sur la place des fêtes d’Amdjarass.

Le délégué général du gouvernement auprès de la province de l’Ennedi-Est, Mahamat Tougou Tchohimi, a ouvert les discours en rappelant la portée profonde du festival, déclarant que celui-ci est « bien plus qu’un événement artistique » et constitue un espace où « la cohésion, le développement durable, la paix et le vivre-ensemble sont mis en valeur pour les peuples et les cultures sahariennes ». Pour sa part, le fondateur et promoteur du FICSA, Issouf Elli Moussami, a tenu à rendre hommage au peuple saharien, à son hospitalité et à sa force dans l’unité, « chère au Maréchal président Mahamat Idriss Déby Itno ».

La culture, souvent considérée comme un pilier du développement des territoires, a été mise en exergue tout au long de cette cérémonie d’ouverture, qui a également vu se multiplier les appels au renforcement de la fraternité entre les peuples sahariens. La ministre nigérienne du Tourisme et de l’Artisanat, Aghaichata Guichene Atta, porte-parole du pays invité d’honneur, a rappelé que « le Sahara n’est pas seulement un territoire de sable et de silence », mais un espace porteur de mémoire, de savoirs et d’identités vivantes où « la création culturelle et le patrimoine sont le moyen le plus sûr d’arriver à la paix ». Ses propos ont été accueillis par les youyous de la foule.

Un Sahara vivant, en mouvement

Le Sahara, grâce à la vitrine que lui offre le FICSA, apparaît désormais non plus comme un territoire figé, mais comme un espace vivant à travers ses cultures, ses peuples et ses aspirations au développement durable. Lors de l’ouverture de la 6ᵉ édition du Festival International des Cultures Sahariennes, le Premier ministre tchadien Allah Maye Halina a appelé les peuples de ce territoire à « rester en mouvement, comme l’est le Sahara ». Il a affirmé la volonté du gouvernement tchadien de faire du Sahara, de la culture et du tourisme des piliers du développement national, et de porter l’ambition de faire reconnaître les cultures sahariennes au patrimoine vivant de l’humanité.

C’est donc sous le signe d’un « Sahara vivant », titre de l’hymne du Sahara interprété par un collectif d’artistes tchadiens, que les délégations, le peuple saharien et les artistes venus en nombre ont assisté à l’ouverture officielle du FICSA, à Amdjarass, dont le nom signifie « le lieu de la croche » en langue locale, au cœur de l’Ennedi-Est.

Franck Biyidi
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Franck Biyidi est diplômé de l'IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) je suis spécialiste des relations internationales au sein de la Francophonie et de l'Union Africaine et de tout ce qui touche la diplomatie en Afrique francophone
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