
La Chine franchit un nouveau cap dans sa stratégie africaine en annonçant la suppression des droits de douane pour 53 pays du continent. Cette décision, effective dès le 1er mai, ouvre largement les portes du marché chinois aux exportations africaines.
Dans un geste diplomatique et économique de grande envergure, la Chine s’apprête à franchir une étape historique dans ses relations avec le continent africain. Le président Xi Jinping a officiellement annoncé, ce samedi 14 février, la suppression totale des droits de douane pour la quasi-totalité des nations africaines. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 1er mai prochain, marque une accélération spectaculaire de la stratégie commerciale de Pékin, visant à transformer en profondeur les échanges entre la deuxième puissance mondiale et ses partenaires du Sud.
Une extension massive de l’exemption douanière
Jusqu’à présent, la Chine appliquait déjà une politique de « droits de douane nuls » pour les importations en provenance de 33 pays africains. Cependant, la nouvelle directive annoncée par les médias d’État chinois élargit ce privilège à l’ensemble de ses 53 partenaires diplomatiques sur le continent. Cette décision concrétise une promesse faite l’année dernière et renforce la position de la Chine en tant que premier partenaire commercial de l’Afrique.
En facilitant l’accès à son immense marché intérieur, Pékin espère stimuler les exportations africaines et offrir, selon les mots du président chinois, de nouvelles perspectives de développement au moment même où les dirigeants africains sont réunis à Addis-Abeba pour le sommet de l’Union africaine.
Le cas particulier de l’Eswatini et le facteur Taïwan
Malgré cette ouverture quasi totale, une exception notable subsiste sur la carte du continent. L’Eswatini est en effet le seul pays africain exclu de cette mesure préférentielle. Cette mise à l’écart n’est pas économique, mais strictement géopolitique. Le royaume maintient des relations diplomatiques officielles avec Taïwan, territoire que Pékin considère comme une province rebelle devant être réunifiée à la Chine continentale.
Pour la Chine, l’accès au commerce sans barrières est indissociable de la reconnaissance du principe de l’unité territoriale, laissant ainsi l’Eswatini en marge de cette dynamique continentale.
Une alternative stratégique face au protectionnisme mondial
Le calendrier de cette annonce ne doit rien au hasard. Elle intervient dans un contexte de tensions commerciales mondiales, exacerbées par la politique de droits de douane élevés imposée par l’administration américaine de Donald Trump. Face au durcissement des conditions d’accès aux marchés occidentaux, les pays africains se tournent de plus en plus vers l’Asie.
En supprimant ses barrières douanières, la Chine ne se contente pas de consolider ses « Nouvelles Routes de la Soie » ; elle s’affirme comme le refuge et le moteur de croissance privilégié pour les économies africaines en quête de débouchés stables et attractifs.




