Saint-Valentin : la rose « hollandaise » que l’on offre en France est africaine


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Une rose rouge
Une rose rouge

À l’approche de la Saint-Valentin, les vitrines françaises se couvrent de roses « hollandaises ». Pourtant, derrière cette étiquette commerciale se cache un tout autre voyage : la majorité des roses offertes en France ont en réalité poussé sous le soleil d’Afrique de l’Est, notamment au Kenya et en Éthiopie, avant de transiter par les entrepôts floraux des Pays-Bas. Une chaîne mondiale méconnue au cœur du romantisme du 14 février.

Les Pays-Bas, façade officielle de la rose en France

Dans les statistiques françaises, le constat est sans appel : la rose “vient des Pays-Bas”. Selon les données compilées par FranceAgriMer, près de 80 % des fleurs coupées vendues en France sont importées, et plus de quatre importations sur cinq transitent par les Pays-Bas. Pour la rose, fleur emblématique de la Saint-Valentin, cette domination est encore plus marquée.

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À première vue, tout semble indiquer que la Hollande reste le grand jardin de l’amour européen. En réalité, elle est surtout le principal hub mondial du commerce floral : enchères, logistique, reconditionnement, redistribution vers toute l’Europe. Le pays expédie bien des roses vers la France… mais ne les a souvent pas produites.

Kenya et Éthiopie, cœur caché de la Saint-Valentin

En amont, les chiffres racontent, en effet,une autre histoire. Les Pays-Bas importent eux-mêmes massivement leurs roses depuis l’Afrique de l’Est. Pour la période de la Saint-Valentin, près d’une rose sur deux importée aux Pays-Bas provient du Kenya, et environ un quart de l’Éthiopie, selon les synthèses sectorielles reprises par FranceAgriMer. À elles seules, ces deux origines concentrent l’essentiel des volumes africains.

Concrètement, cela signifie qu’une rose achetée par un fleuriste français via les Pays-Bas a de fortes chances d’avoir poussé en Afrique, avant d’être expédiée par avion vers Amsterdam, puis redistribuée vers Rungis et les réseaux de fleuristes ou de grande distribution.

Pourquoi l’Afrique s’impose en février

La Saint-Valentin est un moment clé où la demande explose en plein hiver européen. Produire des roses sous serre aux Pays-Bas ou en France implique des coûts énergétiques élevés. À l’inverse, au Kenya ou en Éthiopie, les roses poussent toute l’année grâce à un climat d’altitude, un fort ensoleillement naturel et une filière spécialisée tournée vers l’export.

Ce différentiel explique pourquoi, lors des pics saisonniers, l’Afrique devient la principale source réelle de roses pour l’Europe, même si la fleur est ensuite commercialisée sous une origine néerlandaise.

Un symbole romantique, une mondialisation silencieuse

En magasin, l’information est souvent minimale. L’étiquette indique un pays d’expédition, pas toujours le pays de culture. Le consommateur français offre donc une rose hollandaise sans savoir que son parcours commence souvent autour du lac Naivasha au Kenya ou sur les hauts plateaux éthiopiens, avant un passage obligé par les enchères néerlandaises.

Derrière le geste romantique se dessine une mondialisation discrète, où l’Afrique occupe désormais une place centrale dans l’approvisionnement floral européen, posant des questions de transparence, d’empreinte carbone et de reconnaissance des producteurs.

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