
Hydrogène vert, corridor stratégique vers l’Europe centrale et stabilité diplomatique assumée : en février 2026, la relation entre Alger et Berlin prend une nouvelle dimension. Par se partenariat, l’Algérie consolide son ancrage au cœur du moteur économique européen par la transition énergétique.
En février 2026, la relation entre l’Algérie et l’Allemagne s’inscrit dans une dynamique à la fois politique et énergétique. À Alger, le président Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé que l’Algérie entretient avec Berlin des relations « fondées sur l’intérêt mutuel et le respect réciproque », soulignant que la coopération avec plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, repose sur « des bases solides et durables ».
Le SoutH2 Corridor, futur pilier d’un nouvel équilibre
Au cœur de cette convergence figure le projet SoutH2 Corridor, infrastructure stratégique en construction appelée à relier l’Algérie à l’Europe centrale via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche, avant d’atteindre l’Allemagne. Ce futur corridor d’hydrogène vert, long de 3 300 kilomètres, doit permettre à terme l’acheminement de 4 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable par an, soit plus de 40 % de l’objectif européen d’importation fixé à 10 millions de tonnes d’ici 2030.
Pour Berlin, confrontée à la nécessité de sécuriser ses approvisionnements énergétiques tout en accélérant sa transition écologique, l’Algérie représente un partenaire crédible, doté d’un potentiel solaire parmi les plus élevés au monde. Pour Alger, l’enjeu est double : diversifier son économie au-delà des hydrocarbures traditionnels et s’affirmer comme futur hub de l’hydrogène vert en Méditerranée.
Une convergence d’intérêts au plus haut niveau
« Nos relations avec l’Allemagne s’inscrivent dans une logique gagnant-gagnant », a insisté Abdelmadjid Tebboune, mettant en avant la stabilité politique et la visibilité stratégique offertes aux partenaires européens. Le projet SoutH2 Corridor, qui bénéficie du statut de projet d’intérêt commun (PCI) européen depuis décembre 2025, prévoit une mise en service à l’horizon 2030.
Cette ambition partagée s’inscrit dans un contexte plus large de rapprochement économique. Les échanges commerciaux entre les deux pays se sont intensifiés ces dernières années, portés notamment par les besoins allemands en diversification énergétique après la rupture avec le gaz russe. L’Algérie, déjà fournisseur majeur de gaz naturel vers l’Europe du Sud, entend désormais élargir son rôle à l’ensemble de la chaîne de valeur des énergies renouvelables.
Un axe structurant de la transition énergétique euro-méditerranéenne
Ce repositionnement s’inscrit dans une reconfiguration plus large des partenariats commerciaux de l’Algérie. Ainsi, l’Italie est devenue premier client et premier partenaire commercial du pays avec près de 15 milliards de dollars d’échanges en 2024, a largement supplanté la France, dont les échanges avec Alger ont reculé de plus de 20 % au premier trimestre 2025 dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes.
L’axe Alger-Berlin dessine les contours d’une interdépendance énergétique post-fossile en Méditerranée et s’impose comme l’un des maillons structurants du dialogue euro-méditerranéen autour de la décarbonation. À l’heure où l’Europe cherche à concilier souveraineté énergétique et neutralité climatique, l’Algérie se positionne comme un acteur incontournable de cette équation.



