FICSA 2026 à Amdjarass : le Sahara tchadien met le cap sur le tourisme durable et les coopérations Sud-Sud


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Guelta d’Archeï
Guelta d’Archeï

Du 7 au 13 février 2026, Amdjarass (nord-est du Tchad) accueille la 6e édition du Festival international des cultures sahariennes (FICSA). Gratuit et placé sous le patronage du président Mahamat Idriss Déby Itno, l’événement se veut à la fois fête populaire, vitrine culturelle et « laboratoire d’idées » autour d’un fil conducteur : coopérations Sud-Sud, culture et tourisme durable.

Un festival vitrine de l’Ennedi, entre patrimoine UNESCO et cultures nomades

Devenu un rendez-vous culturel, sportif et touristique majeur dans le nord du Tchad, le FICSA revendique une ambition claire : mettre en lumière les sites exceptionnels du massif de l’Ennedi, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, et la richesse du patrimoine immatériel des nomades, fondé sur la sobriété et une harmonie séculaire avec l’environnement.

La 6e édition rassemble artistes, chercheurs et délégations internationales autour d’une programmation mêlant spectacles, parades de dromadaires, ateliers, conférences, expositions, gastronomie et découverte du patrimoine saharien. Le Niger est annoncé comme pays invité d’honneur, signe d’une volonté de dialogue régional et de circulation des cultures sahariennes.

Au-delà des scènes et des parades, le festival assume aussi une dimension de terrain : soirées animées par des spectacles vivants, championnat de courses de dromadaires, randonnées chamelières, défilés en costumes traditionnels et expositions artisanales. L’organisation promet une rencontre authentique avec les nomades, faite de moments de partage et d’hospitalité, loin d’un simple passage éclair dans le désert.

Forum international : tourisme durable, patrimoine immatériel… et paix

Le FICSA 2026 s’ouvrira par une grande cérémonie réunissant pays sahariens, provinces tchadiennes et délégations diplomatiques, avant de donner une place centrale à un forum international d’ateliers thématiques.

Parmi les temps forts annoncés : un atelier sur la coopération Sud-Sud pour renforcer les partenariats pour un tourisme durable, incluant des échanges sur les énergies renouvelables, la gestion de l’eau, le tourisme local et la formation. Cet atelier doit aussi marquer la création du Réseau international des communes sahariennes (RICS) et l’adoption d’une déclaration finale.

D’autres ateliers illustrent l’ancrage territorial de l’édition 2026 : valorisation du lait de chamelle comme levier économique, sauvegarde du patrimoine immatériel (musiques, récits, artisanat, savoir-faire nomades), ou encore mise en valeur des météorites comme ressource scientifique et touristique – avec l’objectif de structurer des séjours thématiques.
Un atelier pose enfin une question éminemment politique : « Le tourisme peut-il contribuer à la paix ? » Annoncé sous la présidence de Maurice Freund, il proposera un retour d’expérience de Point-Afrique sur un tourisme « responsable, solidaire et vecteur de paix« .

Ennedi « musée à ciel ouvert » : l’appel du désert comme voyage initiatique

Côté découverte, le dossier met en avant une immersion dans l’Ennedi, décrit comme un véritable musée à ciel ouvert : guelta de Bachikélé, arche de Djoulia, ALOBA (présentée comme la plus grande arche du Sahara), arche de l’Éléphant, Terkei, peintures rupestres millénaires… jusqu’à la célèbre guelta d’Archeï, où l’on peut observer babouins et lees derniers crocodiles du Sahara. L’objectif est un voyage initiatique, au plus près des bergers nomades et de traditions ancestrales.

Le FICSA insiste aussi sur un cadre de protection : certaines taxes de visite (notamment pour la guelta d’Archeï, Terkei, Bachikélé) sont à régler auprès des autorités traditionnelles locales, “conformément aux dispositions de protection du patrimoine classé UNESCO”.

L’empreinte Point-Afrique : un modèle de tourisme

La participation de Maurice Freund, figure historique de Point-Afrique, est un signal pour l’avenir du tourisme tchadien et l’espoir de relancer des vols charters vers le Nord. Ce retour résonne avec l’ADN du Point Afrique : faire du tourisme en s’appuyant sur des relais locaux (guides, campements, artisans) et une logistique pensée pour répartir équitablement les retombées économiques sur place.

Il y a plus d’une décennie, Point Afrique s’était illustrée en maintenant des accès aériens vers des destinations emblématiques comme Tombouctou, pariant sur le voyage comme pont culturel. L’idée, déjà, était celle d’un tourisme de respect, de rencontre et de sobriété : exactement le registre que le FICSA 2026 entend remettre au centre, à l’échelle des territoires sahélo-sahariens.

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