
Plus de 160 corps ont été découverts dans des fosses communes à Uvira, dans le Sud-Kivu. Ces sépultures clandestines auraient été creusées durant l’occupation de la ville par les rebelles de l’AFC-M23. Les autorités locales évoquent des exécutions ciblées, principalement de jeunes hommes accusés de soutenir les groupes d’autodéfense. Une enquête internationale est désormais attendue pour établir les responsabilités.
Le calme revient peu à peu à Uvira, deuxième ville de la province du Sud-Kivu, mais il s’accompagne d’une réalité macabre. Un mois après le retrait des rebelles de l’AFC-M23, les autorités congolaises et les habitants locaux font face à l’horreur. Plusieurs sites de sépultures clandestines ont été identifiés dans la cité et ses environs.
Des chiffres effrayants et des localisations précises
Bien que les bilans divergent encore entre les sources locales et officielles, l’ampleur de la tragédie est indéniable. Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a officiellement confirmé l’existence de deux fosses communes majeures. La première, située dans le quartier Kavimvira, contiendrait 132 corps, tandis qu’une seconde, à Kilomoni, près de la frontière burundaise, en renfermerait 31.
Cependant, des acteurs de la société civile et des témoins sur place évoquent un bilan plus lourd, allant jusqu’à 170 victimes réparties sur quatre sites, incluant les localités de Kilibula et Kabimba. Les témoignages décrivent des scènes d’une barbarie extrême où les corps étaient entassés dans des véhicules avant d’être jetés sans ménagement dans des tranchées.
Les jeunes d’Uvira particulièrement ciblés
L’identification des victimes constitue désormais le défi majeur pour les familles et les organisations de défense des droits humains. Selon les premiers éléments recueillis par les leaders communautaires, une grande partie des défunts seraient des jeunes garçons. Durant l’occupation, l’AFC-M23 les aurait suspectés d’appartenir aux « Wazalendo », ces groupes de défense locale soutenant l’armée régulière congolaise.
Ce ciblage systématique a plongé de nombreuses familles dans une attente insoutenable, beaucoup cherchant encore des proches disparus sans savoir qu’ils figurent probablement parmi les restes humains découverts dans ces fosses.
Vers une enquête internationale indépendante
Face à ces accusations que le mouvement rebelle rejette en bloc, la pression monte pour l’ouverture d’une enquête transparente. Des organisations comme Human Rights Watch avaient déjà alerté, dès le mois de janvier, sur des cas de disparitions forcées et d’exécutions sommaires à Uvira. Actuellement, une mission conjointe de la Monusco et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) séjourne dans la ville.
Leur évaluation est cruciale car elle doit précéder le déploiement d’un mécanisme de suivi du cessez-le-feu. La communauté internationale attend désormais de voir si ces experts pourront accéder aux sites pour une expertise médico-légale approfondie, indispensable pour que justice soit rendue.




