Soudan du Sud : visite de Ban Ki-moon pour appuyer les efforts de paix

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, est arrivé ce mardi au Soudan du Sud avec pour but d’appuyer les efforts internationaux de paix.

Le secrétaire général de l’ONU a entamé, ce mardi, une visite au Soudan du Sud, afin d’appuyer les efforts de paix visant à mettre un terme à la guerre civile. Il s’agit de la première visite de Ban Ki-moon depuis juillet 2011, lors des festivités marquant la proclamation d’indépendance. Son arrivée dans le plus jeune Etat au monde intervient au moment où les combats autour de Bentiu, capitale de l’Etat pétrolifère d’Unité, dans le nord, se sont intensifiés entre les rebelles et les forces gouvernementales.

L’armée de Salva Kiir tente, depuis dimanche, de reprendre la ville actuellement aux mains des forces loyales à l’ancien vice-Président Riek Machar, accusé d’avoir mené, mi-décembre, une tentative de coup d’Etat. Le ministre sud-soudanais de la Défense, Kuol Manyang, a indiqué mardi à l’AFP que l’armée contrôlait le centre de Bentiu. Les affrontements se poursuivraient dans les faubourgs, à 5 km du centre, malgré l’accord de cessez-le-feu signé le 23 janvier à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, et les menaces de sanctions américaines. Depuis le début du conflit, la ville a changé de mains plusieurs fois.

Conditions humanitaires déplorables

« Depuis le début de la crise actuelle, le secrétaire général a appelé de façon répétée les dirigeants (des deux camps) à trouver une solution politique et mettre fin immédiatement à la violence qui a provoqué les souffrances de tant de civils innocents », a souligné, ce mardi, la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (MINUSS). D’après la MINUSS, Ban Ki-moon doit rencontrer le Président Kiir et visitera la base onusienne de Tomping, à Juba, où près de 20 000 personnes, fuyant les combats, ont trouvé refuge.

Pas moins de 80 000 Sud-Soudanais s’entassent dans des conditions déplorables dans les huit bases de l’ONU dispersées dans le pays. Tous craignent d’être attaqués en raison de leur appartenance ethnique. Salva Kiir appartient à l’ethnie Dinka qui affronte les Nuer dont est issue Riek Machar.

Nouvelles menaces de sanctions

Vendredi, c’est le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui était en déplacement à Abuja. Washington et l’ONU ont mis en garde contre des risques de « génocide » et de « famine » dans le pays. John Kerry a par ailleurs de nouveau menacé, lundi, les belligérants, s’ils ne respectaient pas leurs promesses. Dès le lendemain du départ du chef de la diplomatie américaine, l’armée sud-soudanaise avait lancé une vaste offensive dans le nord et le nord-est du pays afin de repousser les rebelles. Dimanche, elle s’est emparée de Nasir, l’un des QG des rebelles situé près de la frontière éthiopienne.

Les autorités sud-soudanaises ont toutefois répété lundi, en dépit des combats, leur attachement aux pourparlers de paix en cours en Ethiopie. Une rencontre doit également être planifiée entre MM. Kiir et Machar. Les combats ont déjà fait des dizaines de milliers de morts et chassé plus d’un million de personnes.