
Au Soudan du Sud, la reprise des affrontements plonge le pays dans une nouvelle crise humanitaire majeure. En mars 2026, près de 100 000 civils ont fui vers l’Éthiopie. L’État du Jonglei concentre l’essentiel des violences. Les organisations internationales alertent sur une situation sanitaire critique.
La crise s’aggrave au Soudan du Sud, où les rivalités politiques entre Salva Kiir et Riek Machar se traduisent à nouveau par des affrontements armés. Dans l’État du Jonglei, les combats ont provoqué un déplacement massif de populations, contraignant des dizaines de milliers de civils à traverser la frontière éthiopienne. Privées d’accès aux soins, à l’eau potable et à une alimentation suffisante, ces populations arrivent dans des conditions extrêmement précaires, faisant craindre une catastrophe humanitaire d’ampleur régionale.
Le Jonglei au cœur d’un conflit qui s’embrase
La situation actuelle découle de la rupture, il y a un an, des accords de partage de pouvoir entre le président Salva Kiir et son rival historique Riek Machar. Ce dernier, actuellement en résidence surveillée et inculpé de crimes contre l’humanité, voit ses milices de nouveau affronter les forces gouvernementales dans une lutte pour le contrôle territorial. L’État du Jonglei, situé au centre-est du pays, subit de plein fouet ces hostilités. Les infrastructures de base, autrefois considérées comme des sanctuaires, ne sont plus épargnées. L’Unicef rapporte ainsi le pillage et la fermeture de l’hôpital d’Akobo. Cette situation laisse des milliers de malades et de blessés sans aucun recours médical, alors que les personnels de santé et les patients ont pris la fuite.
Une urgence nutritionnelle qualifiée d’alarmante
L’exode vers l’Éthiopie révèle la vulnérabilité extrême des déplacés, en particulier des plus jeunes. Les données recueillies par les agences humanitaires sont préoccupantes. Près d’un quart des enfants de moins de cinq ans ayant franchi la frontière souffrent de malnutrition aiguë. Ce chiffre, jugé alarmant par l’Unicef, témoigne de l’absence totale d’accès à la nourriture et à l’eau potable durant des semaines d’errance. Privées de soins essentiels et de protection, ces familles arrivent dans les camps de réfugiés éthiopiens dans un état de dénuement total. Ceci exacerbe une crise régionale déjà sous-financée par les bailleurs internationaux.
Le spectre d’une nouvelle catastrophe sanitaire
Après une guerre civile sanglante entre 2013 et 2018 ayant causé la mort de 400 000 personnes, le Soudan du Sud semble incapable de stabiliser sa situation intérieure. L’insécurité persistante complique drastiquement l’acheminement de l’aide internationale, comme en témoigne la récente disparition de 26 employés de Médecins Sans Frontières. Les organisations humanitaires multiplient les appels à la communauté internationale pour un renforcement urgent de l’assistance.




