
L’Éthiopie fait face à une forte pression énergétique liée à la flambée des prix du pétrole sur les marchés internationaux. Pour limiter l’impact de cette crise sur l’économie et le pouvoir d’achat, le gouvernement a décidé d’augmenter les subventions sur les carburants. Addis-Abeba appelle également les citoyens à réduire leur consommation afin d’éviter une pénurie.
L’onde de choc du conflit au Moyen-Orient atteint désormais la Corne de l’Afrique. Face à une envolée sans précédent des cours du brut, les autorités éthiopiennes ont officiellement appelé la population à une cure d’austérité énergétique. Dans un message adressé à la nation, le Premier ministre Abiy Ahmed a exhorté ses concitoyens à limiter drastiquement leurs déplacements et à réserver le précieux liquide aux seuls besoins fondamentaux, le temps que le système d’approvisionnement mondial retrouve son équilibre.
Un pays vulnérable face au blocage du détroit d’Ormuz
La situation est jugée critique car l’Éthiopie dépend intégralement des marchés internationaux pour ses besoins en produits pétroliers. La guerre impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran a entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz, un verrou stratégique par lequel transitait jusqu’alors un cinquième de la consommation mondiale de pétrole.
Ce blocage logistique a provoqué une raréfaction de l’offre et une explosion des tarifs, plaçant les pays importateurs comme l’Éthiopie dans une position de vulnérabilité extrême.
Des subventions d’urgence pour freiner l’inflation
Pour tenter de contenir l’impact social de cette crise, le ministre des Finances, Ahmed Shide, a annoncé une série de mesures d’urgence. Le gouvernement prévoit notamment d’augmenter massivement les subventions sur les carburants afin de maintenir les prix à la pompe à un niveau supportable pour les foyers et les entreprises de transport.
Parallèlement, l’État s’est engagé dans une course contre la montre pour acquérir des stocks supplémentaires de produits pétroliers, espérant ainsi prévenir toute rupture de stock généralisée sur le territoire national.
Une traque sans merci contre le marché noir
L’autre volet de la riposte gouvernementale concerne la sécurité intérieure et la discipline du marché. Une campagne nationale de répression vient d’être lancée pour démanteler les réseaux de commerce illégal. Les autorités visent particulièrement les spéculateurs qui tentent de revendre le carburant en dehors des circuits officiels ou à des tarifs supérieurs aux prix réglementés.
Le renforcement de la surveillance s’accompagne de sanctions sévères contre les particuliers et les entreprises qui profiteraient de la pénurie pour s’enrichir au détriment de l’intérêt général.
L’appel à la responsabilité citoyenne
Au-delà des mesures techniques, le pouvoir exécutif mise sur la solidarité nationale. En demandant aux distributeurs et aux consommateurs de faire preuve de responsabilité, le gouvernement cherche à éviter les mouvements de panique et les files d’attente interminables aux stations-service.
La gestion de cette crise énergétique est devenue une priorité absolue pour stabiliser l’économie éthiopienne, alors que l’incertitude demeure totale sur la durée des hostilités au Moyen-Orient et sur la réouverture des routes maritimes essentielles.




