Nigeria : un général tué par l’ISWAP, nouvelle escalade dans l’insurrection djihadiste au nord-est


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Le chef d'état-major de l'armée nigériane, le général Abiodun Taoreed Lagbaja
Le chef d'état-major de l'armée nigériane, le général Abiodun Taoreed Lagbaja

Au Nigeria, le général de brigade Oseni Braimah, a été tué, ce 9 avril lors d’une attaque contre une base militaire à Benisheikh, dans l’État de Borno. L’officier commandait la 29ᵉ Brigade de l’opération HADIN KAI, dispositif clé dans la lutte contre les groupes armés. L’assaut, attribué à ISWAP, a également fait plusieurs victimes parmi les soldats.

Les djihadistes viennent d’infliger une lourde perte à l’armée nigériane. Le général de brigade Oseni Braimah, a succombé, ce jeudi 9 avril, lors d’une attaque contre une base militaire à Benisheikh Selon les informations militaires, les combattants ont utilisé des armes lourdes et des explosifs pour viser le quartier général de la brigade. Malgré la violence de l’attaque, les forces nigérianes ont réussi à contenir l’offensive et à repousser les assaillants. Le commandement militaire a salué la bravoure des troupes engagées, tout en reconnaissant des pertes importantes.

Une insurrection dans le nord-est du Nigeria

Depuis le milieu des années 2000, le nord-est du Nigeria est le théâtre d’une insurrection djihadiste menée par Boko Haram. Initialement centré sur un rejet de l’influence occidentale et la volonté d’imposer une vision rigoriste de la loi islamique, le mouvement s’est progressivement transformé en une organisation armée violente. Les attaques contre les civils, les enlèvements massifs et les attentats ont profondément déstabilisé la région. Ce qui a entraîné une grave crise humanitaire et une insécurité chronique dans plusieurs États.

À partir de 2009, le conflit s’est intensifié, provoquant des dizaines de milliers de morts et le déplacement de millions de personnes. Les zones rurales, en particulier dans l’État de Borno, sont devenues des bastions pour les groupes insurgés. Malgré les offensives militaires répétées et les efforts régionaux impliquant des pays voisins comme le Niger, le Tchad et le Cameroun, la menace demeure. Les groupes armés continuent d’adapter leurs tactiques, combinant guérilla, embuscades et attaques ciblées contre les forces de sécurité.

ISWAP, une faction redoutable en pleine expansion

L’émergence de l’ISWAP en tant que faction dissidente de Boko Haram a marqué un tournant dans le conflit. Issue d’une scission en 2016, cette branche affiliée à l’organisation État islamique s’est imposée comme un grand acteur dans la région. Contrairement à Boko Haram, souvent accusé d’attaques indiscriminées contre les civils, l’ISWAP adopte parfois une stratégie plus ciblée. Le groupe cherche à gagner le soutien local tout en concentrant ses attaques sur les forces militaires et les infrastructures étatiques.

Cette approche lui a permis de renforcer son influence dans certaines zones, notamment autour du lac Tchad. Toutefois, les rivalités internes entre factions djihadistes ont également alimenté des affrontements violents. Ce qui a davantage compliqué la situation sécuritaire. L’ISWAP dispose aujourd’hui de ressources importantes, notamment en armement et en logistique. Ce qui lui permet de mener des opérations coordonnées comme celle ayant coûté la vie au général Braimah.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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