Nigeria : 175 djihadistes de l’ISWAP tués dans des frappes conjointes avec les États-Unis


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ISWAP Nigeria
ISWAP Nigeria

Le Nigeria et les États-Unis ont annoncé de nouvelles opérations militaires conjointes contre des groupes djihadistes dans le nord-est nigérian. Selon l’armée nigériane, plusieurs frappes aériennes ont été menées ces derniers jours. Elles ont entraîné la mort de combattants de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Parmi eux, des responsables présentés comme des cadres importants de l’organisation. Ces opérations sont le fruit d’une coopération sécuritaire renforcée entre Abuja et Washington.

L’armée nigériane a annoncé, hier mardi 19 mai 2026, qu’au moins 175 combattants djihadistes avaient été tués lors d’une nouvelle série de frappes aériennes conduites lundi dans le nord-est du Nigeria. Ces opérations ont été menées conjointement avec les États-Unis dans des zones affectées par les activités de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Selon les autorités militaires nigérianes, Abu Bilal al-Minuki, présenté comme le numéro deux de l’organisation État islamique dans la région, figure parmi les personnes tuées.

Coopération militaire renforcée entre Abuja et Washington

Les militaires ont également indiqué que plusieurs responsables du groupe armé chargés de la propagande et de la supervision d’attaques avaient été éliminés au cours des opérations menées durant le week-end précédent. Le chef de l’Africom, le commandement militaire américain pour l’Afrique, Dagvin Anderson, a salué les résultats de la coopération entre les deux pays lors d’une intervention devant le Congrès américain. Il a déclaré que les forces nigérianes avaient participé à l’identification des cibles, à la collecte de renseignements et au soutien opérationnel des missions menées avec les États-Unis.

Depuis près de six mois, les autorités américaines et nigérianes ont renforcé leur coopération sécuritaire. Ce partenariat comprend un appui matériel et le déploiement de 100 à 200 militaires américains sur le territoire nigérian. Les États-Unis avaient déjà conduit des frappes aériennes le jour de Noël contre des combattants du groupe Lakurawa, dans l’État de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria. Ce même groupe armé est accusé d’avoir tendu une embuscade durant le week-end précédent près de la frontière avec le Niger. Selon les autorités nigérianes, cette attaque a causé la mort d’au moins sept soldats nigérians.

Intensification des opérations de renseignement américaines

Des données de suivi aérien publiées par Reuters, le 22 décembre 2025, ont révélé une augmentation des opérations de renseignement américaines au-dessus du Nigeria. Depuis la fin du mois de novembre, un avion affrété par le Pentagone survole quotidiennement l’espace aérien nigérian. L’appareil utilisé est un Gulfstream V modifié pour des missions de renseignement et exploité par la société américaine Tenax Aerospace. Les vols partent généralement d’Accra, au Ghana, avant de traverser le territoire nigérian.

Ce déploiement marque la reprise des activités américaines de surveillance en Afrique de l’Ouest. Ces opérations se déroulent dans un contexte diplomatique tendu. Le 1er novembre 2025, Donald Trump avait menacé le Nigeria d’une intervention militaire. Washington accusait les autorités nigérianes de « tolérer le massacre de chrétiens ». Sur Truth Social, il avait déclaré vouloir « pulvériser les terroristes islamistes ». Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, avait ensuite affirmé que le Pentagone se préparait à intervenir.

Soutenir le Nigeria dans la lutte contre le terrorisme

Les autorités nigérianes avaient rejeté les accusations américaines relatives à un « génocide chrétien ». Le Président Bola Tinubu s’est défendu que les violences touchaient l’ensemble des communautés du pays et non un groupe religieux spécifique. Washington réorganise ses capacités après le retrait des forces des États-Unis du Niger, en 2024. Les opérations viseraient notamment à localiser Kevin Rideout. Ce dernier est un pilote missionnaire américain enlevé à Niamey le 21 octobre. Ces manœuvres visent aussi à surveiller les activités de Boko Haram et de l’ISWAP.

Les autorités américaines ont affirmé vouloir soutenir le Nigeria dans la lutte contre le terrorisme et les violences communautaires. Dans le même temps, les groupes armés ont multiplié les attaques dans certaines régions du pays. Le Nigeria a décrété l’état d’urgence sécuritaire en novembre. Ce, après plusieurs attaques meurtrières et l’enlèvement de plus de 300 écoliers dans le nord du pays.

Mort annoncée d’Abu-Bilal al-Minuki

Dans la nuit du 15 au 16 mai, les États-Unis ont annoncé la mort d’Abu-Bilal al-Minuki lors d’une opération menée avec les forces nigérianes. Donald Trump a présenté cette intervention comme une mission « méticuleusement planifiée » conduite par des soldats américains et nigérians. Originaire de Mainok, dans l’État de Borno, Abu-Bilal al-Minuki était considéré comme une figure importante de l’ISWAP. Né en 1982, il est également connu sous le nom d’Abu Bakr ibn Muhammad ibn Ali al-Mainuki. Ce cadre avait été inscrit, en juin 2023, sur la liste américaine des « terroristes mondiaux spécialement désignés ».

Selon plusieurs organisations spécialisées dans le suivi des groupes armés, il était accusé de coordonner des réseaux actifs autour du bassin du lac Tchad et dans le Sahel. Il aurait joué un rôle dans la gestion des financements et les liaisons entre différentes branches africaines de l’organisation État islamique. À ce stade, l’ISWAP n’a publié aucun communiqué confirmant officiellement la mort d’Abu-Bilal al-Minuki.

Présence militaire américaine au Nigeria

Par le passé, plusieurs annonces concernant la mort de chefs djihadistes au Nigeria avaient été difficiles à vérifier. En 2021, les autorités nigérianes avaient annoncé la mort d’Abu Musab al-Barnawi sans confirmation immédiate de l’organisation. Depuis le début de l’année 2026, environ 200 militaires américains sont déployés au Nigeria. Ce, dans le cadre du soutien aux opérations contre les groupes armés.

Les forces américaines utilisent également des drones MQ-9 dans les missions de surveillance et d’appui. Les autorités américaines affirment que les militaires déployés au Nigeria sont affectés à des missions de soutien.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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