Somalie : 852 millions de dollars demandés par l’ONU pour éviter une catastrophe humanitaire


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drapeau de l'ONU

Alors que la Somalie traverse l’une des pires crises humanitaires de son histoire récente, l’ONU lance un appel d’urgence de 852 millions de dollars pour venir en aide à 2,4 millions de personnes. Entre sécheresse dévastatrice, violences armées et flambée des épidémies, la population somalienne est plus vulnérable que jamais.

Sécheresse prolongée, insécurité chronique, épidémies, effondrement des moyens de subsistance… Face à une crise multidimensionnelle, les Nations unies et le gouvernement somalien sollicitent une aide urgente pour sauver des millions de vies.

Lancement d’un plan d’intervention d’urgence

Le gouvernement somalien, en coordination avec l’ONU et ses partenaires humanitaires, a lancé un appel de fonds de 852 millions de dollars pour venir en aide à 2,4 millions de personnes parmi les plus vulnérables en 2026. Ce Plan d’intervention humanitaire vise à répondre à une triple crise : sécheresse aiguë, violences persistantes et recrudescence d’épidémies.

Si le nombre de bénéficiaires ciblés est en baisse par rapport à 2025, passant de 6 millions à 2,4 millions de personnes, les Nations unies précisent qu’il ne s’agit pas d’une amélioration de la situation mais d’un ajustement face à la chute du financement international.

Des ressources vitales qui s’amenuisent

« Nous faisons face à un moment critique », alerte Mohamud Moalim, chef de l’agence somalienne de gestion des catastrophes. Sur le terrain, les puits sont asséchés, les terres infertiles, les troupeaux décimés, et des milliers de familles déplacées s’entassent dans des camps de fortune.

Les organisations humanitaires peinent à maintenir leurs opérations, dans un contexte de baisse drastique des contributions. En 2025, seulement 27 % des besoins avaient été couverts (397 millions de dollars sur les 1,4 milliard requis), forçant les ONG à réduire ou suspendre leurs aides vitales.

Selon George Conway, coordonnateur humanitaire de l’ONU pour la Somalie, « des millions de personnes perdent aujourd’hui leur seule source de soutien ».

L’objectif : sauver des vies, malgré les lacunes

L’ONU souligne que le plan actuel, bien que réduit, reste ambitieux : il donnera la priorité à 1,6 million de personnes dans 21 districts à haut risque, avec des actions centrées sur l’accès à l’eau, la nourriture, les soins médicaux et la protection.

Ce choix difficile reflète un arbitrage forcé entre les besoins et les capacités financières réelles. « Ce n’est pas une question de baisse des besoins humanitaires, mais de limitation de nos ressources », a insisté Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU.

Un climat politique sous tension

Cette initiative humanitaire intervient dans un contexte politique tendu. Un mois auparavant, Israël a reconnu le Somaliland comme un État souverain, ravivant les tensions internes en Somalie. Bien que le Somaliland ait proclamé son indépendance en 1991, aucun pays membre de l’ONU ne l’avait reconnu jusqu’ici.

La décision israélienne a déclenché des manifestations à travers le pays, avec des citoyens réaffirmant leur attachement à l’unité nationale. Le président Hassan Sheikh Mohamud a mis en garde contre une déstabilisation politique qui pourrait aggraver encore les crises actuelles.

Plus qu’un simple plan humanitaire, cette campagne vise à éviter un effondrement généralisé. Sécurité alimentaire, accès à l’eau, épidémies, déplacements massifs : la Somalie est au bord d’un point de rupture. Sans réaction rapide de la communauté internationale, les conséquences pourraient être désastreuses.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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