Sénégal : les drapeaux en berne, les écoles observent une minute de silence


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Ecole Sainte Anne
Les élèves de l'école Sainte Anne

La mort des onze nouveau-nés, à l’hôpital Abdoul Aziz Sy Dabakh de Tivaouane, est douloureusement vécue au Sénégal, où trois jours de deuil national ont été décrété. Les drapeaux sont en berne. Dans les écoles, la minute de silence a été respectée, en mémoire aux victimes du drame.

Le soleil s’est levé ce vendredi 27 mai 2022 sur l’étendue du Sénégal. Un soleil pas comme celui des jours précédents, car le ciel est grisâtre. Est-ce la pluie qui s’annonce ? Difficile de le dire. Mais le temps est à la limite fade. Fade comme le cœur de la plupart des Sénégalais qui ont passé une nuit cauchemardesque. Une empathie nationale face à ce qui s’est passé dans la nuit de mercredi, à l’hôpital Abdou Aziz Sy Dabakh de Tivaouane où onze bébés ont péri dans un incendie. Un drame de trop dénoncé par les Sénégalais de tous bords. Une douleur partagée par tout un peuple.

Drapeau est berne au Collège Saint Gabriel
Le drapeau en berne au Collège Saint-Gabriel

A 07h55 déjà, alors qu’ils devaient entamer les contrôles périodiques, les élèves de l’école Daniel Brottier sont rassemblés dans le cour, sur initiative du directeur, Pierre Khar Tine. Instruction a été donnée par le Président Macky Sall de mettre les drapeaux en berne en plus d’observer 72 heures de deuil national. Juste à côté, l’école Sainte Anne, où le drapeau ne flottait plus à son niveau habituel. Assise sur une chaise, la directrice, Elisabeth Diouf Ndour, les traits tirés, visiblement attristée par cette nouvelle qui endeuille tout le pays, assistait à la proclamation des résultats de CFEE Blanc. Les collèges Saint-Gabriel et Sainte-Ursule n’ont pas dérogé à la règle, en mettant leur drapeau en berne.

Un drame encore non justifié

Le Sénégal vient ainsi de vivre un nouveau drame, après celui de la dame Sokhna Astou, décédé à l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga, alors qu’elle devait donner naissance à un bébé qui lui aussi est mort. Une négligence qui avait coûté la vie à ces deux êtres. Si cette affaire de Louga a connu son épilogue, à la suite des enquêtes menées et qui ont conclu à une négligence, le tribunal des flagrants délits ayant condamné les accusés à des peines de prison assorties de sursis, pour le cas des bébés de Tivaouane, une enquête a été diligentée par les autorités pour situer les responsabilités.

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La question est aujourd’hui de savoir comment est survenue cette catastrophe. «D’après les premières informations, il paraît qu’il y avait eu un court-circuit dans la salle où les enfants étaient logés. Dans cette salle, il y a des circuits d’oxygène. Il paraît qu’il y a eu un court-circuit, une fuite de gaz et que ça a explosé», a indiqué Demba Diop Sy, maire de la ville de Tivaouane. «La salle a été inaugurée en décembre 2021, ce sont de nouveaux équipements», a poursuivi l’édile de la ville pour qui, «il n’y a pas eu de problèmes de négligence, les entretiens ont été faits à l’heure, à temps».

Ecole Daniel Brottier Ecole Sainte Anne

L’enquête permettra sans doute d’en savoir davantage. Pour le moment, des têtes sont tombées. Il s’agit du désormais ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, dont la démission avait d’ailleurs été réclamée suite au décès de la dame Sokhna Astou à Louga. Des légèretés en cascade dans les hôpitaux publics de ce pays d’Afrique de l’Ouest, où en avril 2021, 4 bébés avait péri dans des circonstances similaires, dans un hôpital de Linguère. Tout dernièrement, c’est un bébé déclaré mort dans un hôpital de Kaolack, avant que le constat ne soit fait que le nouveau-né est encore en vie. Les heures passées dans une caisse sans nourriture ni assistance ont fini par avoir le dernier mot sur cet enfant qui, par la suite, a rendu l’âme.

Il est exactement 09h11 Temps Universel, le soleil est parvenu à faire jaillir ses rayons et brille à nouveau sur un pays meurtri. Il s’est à nouveau retiré, voilé par les nuages qui visiblement, comptent imposer une atmosphère grisâtre au pays de le Téranga. Toutefois, les populations du Sénégal osent espérer des lendemains meilleurs, notamment une meilleure prise en charge dans les structures sanitaires du pays qui sont devenus des mouroirs. Des cas désolants qui s’accumulent et qui augmentent la phobie que les populations avaient déjà des hôpitaux où l’arrogance, la négligence et l’absence de qualification de la plupart des personnels sont les maitres… maux.

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Journaliste pluridisciplinaire, je suis passionné de l’information en lien avec l’Afrique. D’où mon attachement à Afrik.com, premier site panafricain d’information en ligne
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