Indignation au Sénégal après la mort de 11 nouveau-nés à Tivaouane

Abords de l'hôpital de Tivaouane
Les abords de l'hôpital de Tivaouane

C’est la consternation totale au Sénégal où onze nouveau-nés ont perdu la vie, suite à un incendie qui a ravagé une partie de la maternité de l’hôpital Abdoul Aziz Sy de Tivaouane. Le drame a eu lieu mercredi soir.

Quelques semaines seulement après la mort tragique de la dame Sokhna Astou, dans des circonstances troublantes, un autre drame frappe le Sénégal avec la mort de onze bébés, suscitant la colère chez les populations. «C’est de la pure légèreté. Il faudrait de lourdes sanctions pour que ces travailleurs de la santé mesurent leurs responsabilités. Où était le personnel au moment du drame ? Comment peut-on laisser des enfants de cet âge, des nouveau-nés seuls au point d’en arriver là ?», s’indigne Rokhyatou Fall, ménagère.

Pour Saliou Pouye, «c’est criminel ce qui vient de se passer et je pèse mes mots. De nos jours, les personnels de santé manquent de professionnalisme. C’est d’ailleurs un phénomène qui gangrène la société sénégalaise où les réseaux sociaux et la télé captivent tout le monde. Les gens sont quasiment tous devenus des accrocs, des drogués. Une fois qu’ils sont connectés ou scotchés devant leur télé, ils sont complètement absents. Et je pense que c’est le mal de nos personnels de santé qui, oubliant qu’ils sont de garde, passent leur temps soit à dormir, soit à regarder la télé ou connectés sur WhatsApp. Et c’est vraiment regrettable».

Même son de cloche pour Anna Preira, trouvée en larmes devant l’hôpital de Tivaouane. «C’est atroce ce qui est arrivé à ces pauvres bébés. Mourir de la sorte, dans un incendie. Parfois je me dis que le Bon Dieu sait observer. Personne pour sauver ces nouveau-nés, qui étaient incapables de se prendre en charge. Je me demande où étaient ceux ou celles qui étaient censés veiller sur eux. Car, leurs mamans étaient forcément absentes des lieux de l’incendie, autrement, elles auraient pu sauver chacune son bébé. On doit situer les responsabilités».

Aloïse Sagna, qui tentait de calmer Anna, rappelle un drame similaire qui a eu lieu à Linguère, ville à plus de 300 kilomètres au Nord-Est du Sénégal, où, le 25 avril 2021, quatre nouveau-nés avaient succombé dans un incendie. «Cela commence à devenir la norme. Il y a trop de drame de ce genre dans ce pays. Je pense que cela est dû au fait que les autorités ne sanctionnent pas les contrevenants à la hauteur de leur faute», relève l’homme, teint clair, debout sur 1m90.

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