Réforme de l’OMC : les enjeux cruciaux du jour 2 de la CM14 à Yaoundé


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Illustration CM14 Youndé
Illustration CM14 Youndé

À Yaoundé, le 27 mars, les 166 pays membres de l’OMC se sont accordés sur un engagement majeur pour restaurer le système de règlement des différends paralysé depuis des années. Loin des querelles diplomatiques, cette journée de la CM14 a aussi vu des annonces concrètes en faveur de l’Afrique : engagement australien de 2 millions USD pour la pêche durable, appels massifs aux investissements textile sur le continent.

Le système de règlement des différends : l’épine dorsale de la réforme

Le point culminant du jour 2 a été la session plénière consacrée à la réforme du système de règlement des différends. Les discussions, facilitées par des ministres désignés, ont cherché à sortir de l’impasse qui paralyse l’Organe d’appel depuis plusieurs années.

Un engagement renouvelé a été formulé : restaurer un système pleinement fonctionnel d’ici la fin de l’année. L’intervention de la directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala a martelé cette urgence :

La réforme n’est plus une option, mais une urgence vitale pour la crédibilité de l’institution

Des annonces au service de l’Afrique et des pays en développement

Au-delà des discours, des actes concrets ont marqué cette journée. Le gouvernement australien a annoncé une contribution supplémentaire de 2 millions de dollars USD au Fonds de l’OMC pour la pêche, afin d’aider les pays membres à mettre en œuvre l’accord sur les subventions halieutiques.

Plus marquant encore pour le continent hôte, une session ministérielle dédiée au coton a souligné l’importance stratégique de la transformation locale en Afrique. Les délégués ont appelé à des investissements massifs dans les infrastructures textile du continent, condition sine qua non d’une croissance inclusive et d’une intégration plus profonde aux chaînes de valeur mondiales.

Les figures clés d’une journée de rupture

Plus de 4 000 délégués issus de 166 pays membres ont participé aux travaux du 27 mars. Parmi les artisans de cette journée :

  • Luc Magloire Mbarga Atangana, président de la CM14, qui a orchestré les séances de « breakout » sur les questions fondamentales de l’OMC
  • Petter Olberg, ambassadeur norvégien et figure centrale du dossier réforme à Genève, dont les positions ont façonné les débats
  • Les délégations mobilisées : Union européenne, Australie, groupe des PMA (Pays Moins Avancés) mené par la Gambie, Inde et Afrique du Sud, particulièrement vocales sur la transparence et les régimes spéciaux

L’enjeu agricole : coton, pêche et sécurité alimentaire

Les travaux se poursuivent le 28 mars avec un focus sur trois domaines où les clivages restent marqués mais où Yaoundé espère arracher un consensus historique : les subventions à la pêche, l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiale.

Pour le coton notamment, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale attendent des avancées majeures afin de transformer leurs avantages comparatifs en véritables moteurs de développement régional.

Franck Biyidi
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Franck Biyidi est diplômé de l'IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) je suis spécialiste des relations internationales au sein de la Francophonie et de l'Union Africaine et de tout ce qui touche la diplomatie en Afrique francophone
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