
Une opération aérienne menée par l’armée nigériane dans l’État de Zamfara, au nord-ouest du pays, a causé la mort de dizaines de personnes dimanche 10 mai 2026. L’information a été rapportée lundi. Des habitants, des responsables locaux et Amnesty International Nigeria évoquent un lourd bilan humain après le bombardement du marché hebdomadaire de Tumfa, dans la région de Zurmi. L’armée affirme avoir visé des chefs terroristes réunis dans cette zone.
Une frappe aérienne de l’armée nigériane a visé dimanche le marché de Tumfa, dans l’État de Zamfara, provoquant la mort de nombreuses personnes. Les faits se sont produits dans la région de Zurmi, dans le nord-ouest du Nigeria. Plusieurs sources locales font état d’un nombre élevé de victimes civiles. Lundi 11 mai, un responsable communautaire a indiqué à l’AFP que 72 corps avaient déjà été recensés après l’attaque. Amnesty International Nigeria a avancé un bilan supérieur, affirmant qu’au moins 100 civils avaient été tués.
Un habitant cité par l’agence de presse française a pour sa part parlé de 117 morts et de plus de 80 blessés. Selon Amnesty International Nigeria, le marché hebdomadaire était fréquenté au moment de l’attaque. L’organisation a indiqué que des avions militaires avaient d’abord survolé la zone vers la mi-journée avant de revenir plusieurs heures plus tard pour effectuer les bombardements. Des opérations de secours ont été déclenchées après la frappe.
Des bombardements sur le marché de Tumfa
Amnesty a précisé que des corps continuaient d’être retrouvés dans les décombres et que certaines victimes avaient succombé à leurs blessures pendant leur évacuation vers des structures médicales. L’organisation de défense des droits humains a également rapporté que des dizaines de blessés avaient été transférés dans les hôpitaux de Zurmi et de Shinkafi. Des témoins ont déclaré que plusieurs femmes et jeunes filles figuraient parmi les victimes.
Selon un chef communautaire de la zone administrative de Mashema, plusieurs villages voisins avaient été touchés par les conséquences de la frappe. Il a cité notamment les localités de Kwashabawa, Birane, Kware, Gangara et Manawa. Le responsable local a affirmé que certains corps retrouvés après les explosions étaient difficilement identifiables. Les équipes de secours poursuivaient les recherches lundi dans la zone du marché et aux alentours.
Des corps encore en cours d’identification
Des habitants ont indiqué que le marché de Tumfa se trouvait dans une zone régulièrement fréquentée par des groupes armés. L’un d’eux, cité par l’AFP, a déclaré que cette localité était considérée comme un bastion de bandes criminelles opérant dans la région. Le nord-ouest du Nigeria connaît depuis plusieurs années une dégradation de la situation sécuritaire. Des groupes armés, appelés localement « bandits », multiplient les attaques contre des villages, les enlèvements contre rançon et les pillages.
Parallèlement, les forces de sécurité nigérianes poursuivent des opérations militaires contre des groupes jihadistes actifs dans différentes régions du pays. L’armée mène régulièrement des frappes aériennes dans des zones soupçonnées d’abriter des combattants armés. Dans un communiqué publié dimanche, l’armée nigériane a affirmé avoir conduit des opérations terrestres et aériennes après avoir reçu des renseignements faisant état d’un rassemblement de chefs terroristes dans cette partie de l’État de Zamfara.
L’armée évoque une réunion de chefs terroristes
Selon les autorités militaires, des commandants armés s’étaient réunis dans un site dissimulé situé à Tumfa, dans la zone administrative de Shinkafi. L’armée a déclaré que la frappe avait permis de détruire cette structure. Le communiqué militaire ne mentionne pas de victimes civiles. Aucune prise de parole officielle du gouvernement fédéral nigérian n’avait été rapportée après les annonces des habitants et des organisations de défense des droits humains.
Amnesty International Nigeria a demandé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de cette opération aérienne. L’organisation a rappelé qu’un autre bombardement attribué à l’armée avait déjà provoqué la mort de plus de 100 civils, en avril 2026 à Jilli, à la frontière des États de Borno et de Yobe. Selon Amnesty, cette précédente frappe avait également touché un marché hebdomadaire fréquenté par des civils. Les autorités militaires avaient alors indiqué avoir visé des combattants armés présents dans la zone.
Une autre frappe signalée dans le centre-nord
Le même dimanche, des habitants de l’État du Niger, dans le centre-nord du Nigeria, ont rapporté une autre frappe aérienne de l’armée de l’air nigériane ayant causé la mort d’au moins 13 civils. L’armée a indiqué que cette opération ciblait également des groupes qualifiés de terroristes. Aucun bilan officiel détaillé n’a été communiqué concernant cette intervention. Le Nigeria fait face à plusieurs foyers de violences armées. Dans le nord-est, les forces de sécurité combattent des groupes djihadistes liés notamment à Boko Haram et à l’État islamique en Afrique de l’Ouest.
Dans les régions du nord-ouest et du centre du pays, les autorités sont confrontées à des groupes criminels responsables d’attaques armées et d’enlèvements massifs. Les opérations aériennes menées par l’armée nigériane dans ces régions ont déjà été mises en cause à plusieurs reprises après des frappes ayant touché des populations civiles. Des organisations de défense des droits humains demandent régulièrement des investigations indépendantes sur ces incidents.




