
Le festival parisien dédié aux cinémas nigérian et africain s’est achevé le 10 mai au cinéma l’Arlequin. « The Fisherman » de la Ghanéenne Zoey Martinson a décroché le Prix du jury, tandis que « Onobiren » de Laju Iren a conquis le public, confirmant le dynamisme d’un cinéma africain en pleine transformation.
Placée sous le thème du « Voyage », la 13e édition de la Nollywood Week s’est tenue du 6 au 10 mai 2026 à Paris. Parrainé par Thomas Ngijol, le festival fondé par Nadira Shakur et Serge Noukoué s’impose depuis plus d’une décennie comme une vitrine majeure du cinéma nigérian et africain en Europe. Projections, rencontres et masterclasses ont rythmé cinq jours au cinéma l’Arlequin, jusqu’à l’annonce du palmarès.
« The Fisherman », une reconnaissance internationale
Le Prix du meilleur long-métrage a été attribué à The Fisherman, réalisé par la Ghanéenne Zoey Martinson. Le jury a salué une œuvre qui mêle avec justesse humour et émotion. C’est la première fois qu’une réalisatrice ghanéenne décroche cette récompense dans l’histoire du festival.
Présenté en première mondiale à la Mostra de Venise, où il a reçu la médaille UNESCO-Fellini, le film poursuit un parcours remarqué dans les festivals internationaux. Avec Yvonne Orji (Insecure) comme productrice exécutive, il raconte l’histoire d’un pêcheur dont la vie bascule après une rencontre inattendue, dans une comédie d’aventure aux accents panafricains.
« Onobiren », plébiscité par le public
Le Prix du public revient à Onobiren, drame nigérian centré sur le parcours d’une jeune femme en quête d’émancipation. Porté par Ruby Akubueze, le film suit Roli, originaire de Warri, envoyée à Lagos pour son service civique.
Écrit et produit par Laju Iren et réalisé par Famous Odion Iraoya, le long-métrage s’ancre dans les réalités sociales et culturelles du Delta du Niger. Déjà succès en salles, il s’est imposé comme l’un des films marquants de l’année au Nigeria, avec plus de 138 millions de nairas de recettes en quelques semaines.
À noter une résonance thématique entre les deux lauréats : The Fisherman et Onobiren plongent tous deux dans l’univers de la pêche, qu’ils abordent comme un héritage et un point d’ancrage identitaire.
Un palmarès ouvert sur le continent
Le court-métrage GOAT, venu du Kenya, a également été distingué. Le jury a salué « une œuvre authentique, habitée, nourrie par une recherche approfondie autour des traditions ancestrales ».
Au-delà des prix, cette édition a mis en lumière une nouvelle génération de cinéastes et de producteurs africains. Parmi eux, Uyoyou Adia, Kayode Kasum ou encore Ekene Mekwunye, ainsi que l’acteur et producteur britannique Adjani Salmon, venu échanger autour des dynamiques diasporiques dans les séries.
Un an après la présence remarquée du cinéma nigérian à Cannes, la Nollywood Week confirme son rôle de relais européen pour une industrie qui s’exporte de plus en plus largement au-delà du continent.



