
Le chanteur marocain Saad Lamjarred comparaît à partir de ce lundi 11 mai 2026 devant la cour d’assises de Draguignan (Var), pour viol dans l’affaire de Saint-Tropez, des faits qu’il conteste. Déjà condamné en 2023 à Paris dans une autre affaire de viol aggravé, l’artiste de 40 ans attend également son procès en appel. Depuis plusieurs années, plusieurs procédures judiciaires visant l’artiste ont placé sa carrière et son entourage sous le feu de l’actualité judiciaire.
Très médiatisé, le procès de Saad Lamjarred s’ouvre ce lundi 11 mai 2026 devant la cour d’assises de Draguignan. L’accusé, figure populaire du monde arabe et suivi par des millions d’abonnés sur les plateformes musicales, est jugé pour un viol présumé commis à Saint-Tropez en août 2018. L’artiste conteste les accusations et affirme que la relation était consentie. La plaignante, aujourd’hui âgée de 37 ans, travaillait comme barmaid dans une discothèque de Saint-Tropez lorsqu’elle rencontre le chanteur marocain. Selon ses déclarations aux enquêteurs, elle ignorait alors l’identité de l’artiste. Elle explique avoir accepté de poursuivre la soirée autour d’un verre dans l’hôtel où résidait Saad Lamjarred.
Viol présumé à Saint-Tropez : le récit des faits
D’après le témoignage de la plaignante, les deux se seraient ensuite rendus dans la chambre de l’accusé. Elle affirme que celui-ci aurait tenté de l’embrasser avant de la plaquer sur le lit, de la déshabiller et de la violer en lui tenant les poignets. Elle a déclaré s’être sentie « tétanisée » et incapable de résister physiquement. Au cours de l’enquête, une amie appelée à l’aide par la plaignante a confirmé avoir reçu un SMS lui demandant de venir rapidement la chercher.
Cette témoin a déclaré avoir retrouvé la plaignante choquée, avec les lèvres enflées et le regard vide. De son côté, Saad Lamjarred rejette les accusations. Le chanteur soutient que la relation sexuelle était consentie et affirme que la plaignante aurait elle-même retiré son pantalon. Le procès de Saad Lamjarred doit permettre à la cour d’assises du Var d’examiner les différentes versions des faits ainsi que les éléments recueillis au cours de l’enquête dans cette affaire de Saint-Tropez.
Saad Lamjarred déjà condamné pour viol en 2023
Cette affaire intervient alors que l’accusé a déjà été condamné en France dans un autre dossier. En février 2023, la cour d’assises de Paris l’a condamné à six ans de prison pour viol aggravé sur une jeune femme rencontrée en boîte de nuit en 2016. Saad Lamjarred a fait appel de cette décision. Le procès en appel devait initialement se tenir en juin 2025 à Créteil, avant d’être reporté. Aucune nouvelle date n’a pour l’instant été fixée.
Cette procédure a connu un nouveau développement judiciaire en avril 2026 avec la décision du tribunal de Paris concernant l’affaire Laura Prioul et l’extorsion contre Saad Lamjarred, partie civile dans ce dossier. Le 10 avril 2026, Laura Prioul a été relaxée des accusations de tentative d’extorsion visant le chanteur marocain. Elle était soupçonnée d’avoir réclamé trois millions d’euros, via des intermédiaires, en échange du retrait de ses accusations ou de son absence au procès en appel.
Affaire d’extorsion liée à Saad Lamjarred : plusieurs condamnations
Le tribunal a considéré qu’aucun élément ne démontrait l’intention de Laura Prioul de modifier ses déclarations afin de favoriser un acquittement de l’artiste. En revanche, cinq autres personnes poursuivies dans ce dossier ont été condamnées à des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis. Parmi les personnes condamnées figurent notamment la mère de Laura Prioul, une avocate parisienne se présentant sous le pseudonyme d’« Aïda » ainsi qu’une influenceuse.
À l’audience, la mère de Laura Prioul avait affirmé avoir été manipulée et avoir cru participer à une démarche de règlement amiable. L’enquête sur cette tentative présumée d’extorsion avait été ouverte après des enregistrements réalisés par le camp du chanteur. Les conversations avec les intermédiaires avaient été transmises à la justice, entraînant l’ouverture d’une procédure distincte et le report du procès en appel pour viol.
Plusieurs affaires judiciaires depuis 2010
Depuis 2010, Saad Lamjarred a été cité dans plusieurs affaires similaires, qu’il a toujours contestées. Dans l’une d’elles, une Franco-Marocaine avait finalement retiré sa plainte. Une autre procédure ouverte aux États-Unis s’était terminée par un accord financier. L’artiste bénéficie depuis plusieurs années d’une forte notoriété au Maroc et dans le monde arabe.
Son entourage familial est proche du Palais royal marocain. Son père, Bachir Abdou, est une figure connue de la chanson marocaine. Lors de l’incarcération du chanteur à Fleury-Mérogis en 2016, après sa mise en examen dans l’affaire parisienne, le roi Mohammed VI était intervenu pour soutenir l’artiste. Le souverain avait recommandé à la famille Lamjarred de faire appel à l’avocat Éric Dupond-Moretti, qui assurait alors également la défense du roi du Maroc.
Le soutien du roi Mohammed VI à Saad Lamjarred en question
Les frais de défense de l’accusé avaient alors été pris en charge par le Palais royal marocain. En 2017, Mohammed VI avait également reçu Saad Lamjarred à Paris alors que celui-ci portait un bracelet électronique dans le cadre de son contrôle judiciaire. Ce soutien s’est toutefois affaibli après la nouvelle mise en examen du chanteur dans l’affaire de Saint-Tropez, en 2018.
Éric Dupond-Moretti s’était ensuite retiré du dossier avant son entrée au gouvernement comme garde des Sceaux, en 2020. Depuis, Saad Lamjarred est notamment défendu par les avocats Thierry Herzog et Jean-Marc Fedida. Le procès ouvert ce lundi à Draguignan doit se tenir jusqu’au 15 mai 2026 devant la cour d’assises du Var.




