RDC : Véron Mosengo-Omba élu à la tête de la FECOFA


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Véron Mosengo-Omba
Véron Mosengo-Omba

Après des mois de crises, de contestations et d’incertitudes autour de la gouvernance du football congolais, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) a finalement un nouveau président. Véron Mosengo-Omba a été élu mercredi à Kinshasa à l’issue de l’assemblée générale extraordinaire et élective de la fédération, avec 60 voix sur 65. Une victoire écrasante qui ressemble davantage à un couronnement annoncé qu’à une véritable compétition électorale.

Véron Mosengo-Omba est le nouveau président de la FECOFA. L’ancien secrétaire général de la Confédération africaine de football était le grand favori d’un scrutin marqué par l’absence de véritables adversaires. Certains candidats se sont désistés avant le vote, tandis que d’autres ont vu leurs dossiers rejetés pour non-conformité aux exigences statutaires. Au final, Véron Mosengo Omba s’est retrouvé pratiquement seul en lice, dans une élection que plusieurs observateurs du football congolais considéraient déjà jouée d’avance.

Une FECOFA fragilisée par des années de crises

Cette élection s’est tenue dans un contexte particulièrement lourd et délicat pour la FECOFA. Depuis plusieurs années, l’instance dirigeante du football congolais traverse des turbulences institutionnelles répétées : accusations de mauvaise gouvernance, conflits internes, suspensions de dirigeants, rivalités entre ligues provinciales et tensions avec les autorités sportives nationales.

Le processus électoral lui-même n’a pas échappé aux polémiques. À plusieurs reprises, le calendrier a été perturbé par des contestations autour de l’éligibilité des candidats et des structures habilitées à voter. Des acteurs du football congolais dénonçaient également un climat de méfiance généralisée au sein de la fédération, où les querelles politiques semblaient souvent prendre le dessus sur les enjeux sportifs.

Ces difficultés ont contribué à ralentir le développement du football congolais, alors même que la RDC reste l’un des grands réservoirs de talents du continent africain et est qualifiée pour le Mondial 2026. Les championnats locaux souffrent d’un manque chronique d’organisation et de financement, tandis que plusieurs clubs historiques peinent à se professionnaliser durablement. Dans ce contexte, l’élection de Véron Mosengo Omba apparaît pour certains comme une tentative de tourner la page d’une longue période d’instabilité.

« Refonder la FECOFA et restaurer la confiance »

Durant sa campagne, le nouveau président a construit son discours autour d’un slogan fort : « Refonder la FECOFA et restaurer la confiance ». Ce message semble directement viser les critiques adressées à l’ancienne gestion de la fédération. Son programme s’articule autour de cinq grands piliers : bâtir une fédération crédible et respectée, instaurer une gouvernance transparente, structurer une direction technique performante, organiser des compétitions régulières et investir massivement dans le football des jeunes et la formation.

À travers ces priorités, Véron Mosengo Omba promet notamment de professionnaliser les clubs, renforcer la formation des entraîneurs, stabiliser les équipes nationales, promouvoir le football féminin et protéger le corps arbitral. Le nouveau président insiste également sur la nécessité de mettre fin aux « crises répétées », à « l’improvisation » et à la gestion opaque qui ont longtemps terni l’image de la FECOFA.

Un ambitieux programme financier

Pour concrétiser ses ambitions, Véron Mosengo-Omba prévoit de mobiliser un budget global de 25,6 millions de dollars sur quatre ans. Les financements devraient provenir du programme FIFA Forward, des mécanismes de soutien de la CAF, des revenus propres de la fédération ainsi que des partenaires publics. Le plan prévoit une montée en puissance progressive des investissements :

  • 5,5 millions de dollars en 2026 pour les réformes institutionnelles et les audits ;
  • 6 millions en 2027 pour le football de base et les compétitions ;
  • 6,5 millions en 2028 pour les infrastructures et la formation technique ;
  • 7,6 millions en 2029 pour consolider les programmes et améliorer les performances sportives.

Mais au-delà des chiffres et des promesses, le véritable défi sera celui de la crédibilité. Beaucoup d’acteurs du football congolais attendent désormais des actes concrets après des années de désillusion. Même si les conditions de préparation de l’élection ont donné l’impression qu’un tapis rouge était dressé pour Véron Mosengo-Omba depuis le début du processus, l’ancien secrétaire général de la CAF a le destin du football congolais en main. Il a désormais les clés pour satisfaire les attentes de ceux qui ont placé en lui leur espoir pour le football de leur pays.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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