
Condamné et emprisonné pour faits de détournements de deniers publics depuis septembre 2025, l’ancien ministre congolais de la Justice, Constant Mutamba, continue néanmoins d’être poursuivi par les vieux démons qu’il aurait laissés à son passage à la tête du département de la Justice de la RDC. Convoqué pour être écouté dans le procès en cours sur le dossier Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), l’ancien garde des Sceaux a tout simplement refusé de déférer à l’invitation de la justice, mettant en avant son état de santé.
Attendu devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe pour la deuxième fois, ce mardi, après une première audience manquée le 5 mai, Constant Mutamba a une fois de plus brillé par son absence. L’ancien ministre de la Justice devait être écouté dans cette affaire de détournement des fonds du FRIVAO dans laquelle son ancien secrétaire particulier est trempé jusqu’au cou.
Une affaire de fonds détournés et de marchés publics passés en violation des procédures en la matière
Au greffier venu lui notifier sa convocation par la Cour, Constant Mutamba aurait tout simplement refusé de comparaître, demandant à la cour de faire ce qu’elle voulait. La raison avancée pour soutenir cette position pour le moins radicale est son état de santé. En effet, selon le point fait par le greffier à la cour, l’ancien ministre aurait exhibé des papiers médicaux attestant de ses problèmes de santé. Malgré cette absence, la cour a décidé de poursuivre l’instruction.
Le principal mis en cause dans cette affaire, Chançard Bolukola, ancien secrétaire particulier de Constant Mutamba, par la suite nommé directeur général par intérim du FRIVAO par ce dernier, est détenu depuis neuf mois à la maison d’arrêt de Makala. Neuf chefs d’accusation sont retenus contre lui. Au nombre de ceux-ci, il y a la réalisation par la société Divo International d’un documentaire de six minutes sur la Guerre des six jours – objet de dédommagement des fonds FRIVAO –, pour un montant de 1.6 million de dollars. Il y a également une somme de 4 millions de dollars affectée à l’indemnisation du jardin zoologique de Kisangani, et bien d’autres décaissements. Au total, la rondelette somme de 50 millions de dollars serait en jeu dans ce dossier brûlant.
Chançard Bolukola rejette toutes les accusations
Dans une lettre manuscrite rédigée depuis sa cellule, le 19 avril 2026, Chançard Bolukola rejette toutes les accusations portées contre lui. Dans la missive, l’ancien collaborateur de Constant Mutamba réclame « une justice basée sur des faits établis, des preuves vérifiées et non par des suppositions, par des récits qui n’ont jamais été confrontés ». Il s’inquiète d’ailleurs de l’intégrité de la procédure. « Qui garantit que les éléments ne sont pas en train d’être ajoutés pour me nuire ou retirer pour effacer certaines vérités ? Dans ces conditions, comment établir une justice équitable ? », s’est-il interrogé. Les avocats de Chançard Bolukola insistent sur le fait que leur client agissait sur instruction verbale de son ministre. Voilà pourquoi l’audition de ce dernier était nécessaire pour l’évolution du dossier.
C’est le deuxième gros dossier lié au FRIVAO dans lequel le nom de Constant Mutamba est cité. Pour rappel, lui-même a été condamné pour détournement de 19 millions de dollars destinés à la construction d’une nouvelle prison à Kisangani. Cette somme aurait été prélevée du FRIVAO.




