Election à la FECOFA : un prétendant sollicite l’arbitrage de la FIFA


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Rainier Patrice Mangenda
Rainier Patrice Mangenda

À quelques jours d’une élection censée ouvrir une nouvelle page pour le football congolais, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) se retrouve de nouveau au cœur d’une vive polémique. Le candidat à la présidence Rainier Patrice Mangenda a officiellement saisi la FIFA pour dénoncer ce qu’il qualifie de « graves irrégularités » dans le processus électoral devant aboutir au scrutin du 20 mai 2026.

En RDC, l’élection des instances dirigeantes de la FECOFA s’annonce laborieuse. À une semaine du scrutin, Rainier Patrice Mangenda, l’un des prétendants au poste de président, sort de son silence. Dans une correspondance adressée le 13 mai à la Commission d’éthique de la FIFA, le candidat accuse les organes électoraux de la FECOFA de violations répétées des règles encadrant l’élection du futur comité exécutif.

Des règles électorales contestées

Parmi les griefs avancés par Rainier Patrice Mangenda figurent le non-respect des délais de dépôt des candidatures, des modifications de listes après la clôture de leur dépôt ainsi que des changements de règles intervenus en pleine procédure électorale. Selon lui, ces pratiques violent non seulement le code électoral de la FECOFA, mais aussi les statuts de la FIFA qui interdisent toute modification des règles une fois le processus électoral engagé. Or, le calendrier du scrutin, initialement prévu entre avril et mai 2026, aurait été modifié.

Cette contestation vient alourdir davantage le climat déjà extrêmement tendu. Depuis plusieurs semaines, en effet, ce processus électoral est marqué par des recours, des invalidations de candidatures et des accusations d’arrangements internes.

Véron Mosengo-Omba au centre des accusations

Le point le plus sensible de la plainte concerne un procès-verbal d’assemblée générale que Rainier Patrice Mangenda estime être falsifié. D’après lui, ce document aurait servi à modifier les conditions d’éligibilité afin de favoriser un candidat précis : Véron Mosengo-Omba, ancien secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF). Le candidat affirme que ces ajustements auraient permis de rendre éligible un prétendant qui ne remplissait pas les critères initiaux.

La candidature de Mosengo-Omba suscite des débats depuis plusieurs semaines. Fin avril, le quotidien britannique The Guardian révélait qu’une modification des règles électorales de la FECOFA aurait facilité sa candidature à la présidence de l’instance. Le journal évoquait également des soupçons de pressions politiques et de soutien de certaines autorités congolaises, notamment du Président Félix Tshisekedi lui-même, des accusations qui n’ont pas été officiellement confirmées.

Vers une élection dans une atmosphère très tendue

Au départ, neuf candidats avaient déposé leurs dossiers pour briguer la présidence de la FECOFA. Mais après examen des candidatures et traitement des recours, plusieurs dossiers ont été rejetés. À l’arrivée, Véron Mosengo-Omba apparaît aujourd’hui comme le principal favori de ce scrutin particulièrement sensible. Pour Rainier Patrice Mangenda, la situation actuelle menace directement la crédibilité du football congolais. Il demande à la FIFA la suspension immédiate de l’élection du 20 mai ainsi que l’ouverture d’une enquête internationale indépendante.

Le candidat rappelle également que la FIFA est déjà intervenue dans plusieurs fédérations nationales confrontées à des crises similaires, notamment au Cameroun, au Mali, au Kenya, au Zimbabwe ou encore au Tchad. Dans certains cas, l’instance mondiale avait mis en place des comités de normalisation pour rétablir l’ordre institutionnel. Si elle se tenait dans les conditions actuelles, chargées de suspicions, l’élection permettra-t-elle un retour à une gouvernance apaisée et une gestion plus stable du football congolais ?

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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