RDC : un accord sanitaire de 1,2 milliard de dollars signé avec les États-Unis


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Drapeau de la République Démocratique du Congo
Drapeau de la République Démocratique du Congo

La RDC signe un accord sanitaire de 1,2 milliard de dollars avec les États-Unis pour renforcer la lutte contre le VIH, le paludisme et les épidémies.

La République démocratique du Congo et les États-Unis ont signé à Kinshasa un accord de coopération sanitaire d’un montant global de 1,2 milliard de dollars. Washington s’engage à mobiliser jusqu’à 900 millions sur cinq ans, tandis que le gouvernement congolais promet 300 millions. Ce partenariat intervient dans un contexte de réorientation de l’aide américaine en Afrique. Les autorités congolaises y voient une opportunité de renforcer durablement leur système de santé.

Un partenariat financier d’envergure

Présenté comme stratégique par Kinshasa, l’accord repose sur un financement partagé : 900 millions de dollars apportés par les États-Unis et 300 millions par la RDC.

Pour la Première ministre Judith Suminwa, cet engagement dépasse la simple dimension budgétaire. Il s’inscrit dans une volonté de construire un système de santé « porté, financé et piloté de manière responsable » par les institutions congolaises, avec l’appui de partenaires internationaux engagés.

Cet accord intervient à un moment charnière pour les politiques sanitaires africaines, marquées par des coupes budgétaires américaines récentes qui ont fragilisé plusieurs dispositifs d’assistance.

Des priorités sanitaires clairement définies

Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a détaillé les axes d’intervention prioritaires. Le programme vise à intensifier la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, trois maladies qui continuent de peser lourdement sur la population congolaise.

L’accord prévoit également :

  • le renforcement de la santé maternelle et infantile,
  • la poursuite de l’éradication de la poliomyélite,
  • l’amélioration de la surveillance épidémiologique,
  • la préparation aux urgences sanitaires

Dans un pays confronté à des épidémies récurrentes, notamment d’Ebola et de rougeole ces dernières années, le volet prévention et gestion des crises sanitaires constitue un enjeu majeur.

Une nouvelle doctrine américaine en Afrique

Du côté de Washington, l’administration Trump met en avant une approche axée sur l’autonomie des États partenaires. Ce partenariat s’inscrit dans la refonte de l’aide américaine, après la dissolution de l’USAID et la mise en place de nouveaux mécanismes bilatéraux.

L’objectif affiché est de responsabiliser davantage les gouvernements bénéficiaires, en exigeant un engagement financier national plus important. Kinshasa, en mobilisant 300 millions de dollars, répond ainsi à cette logique de cofinancement.

Des interrogations sur le partage des données sanitaires

Cette réorientation suscite toutefois des préoccupations. Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) a récemment exprimé des inquiétudes concernant certaines clauses présentes dans d’autres accords américains, notamment celles exigeant le partage de données sur des virus à potentiel épidémique.

À ce stade, aucune confirmation n’indique que de telles dispositions figurent dans l’accord signé avec la RDC. Mais le débat sur la souveraineté sanitaire et la protection des données stratégiques reste sensible.

Un enjeu stratégique pour la stabilité du pays

Pour Kinshasa, cet accord représente un levier majeur de stabilisation sociale. L’amélioration du système de santé constitue un pilier essentiel dans un pays confronté à des défis sécuritaires persistants et à une croissance démographique rapide.

En renforçant les infrastructures, la prévention et la réponse aux crises, la RDC espère réduire la vulnérabilité de sa population tout en consolidant sa crédibilité auprès des partenaires internationaux.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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