RDC : plus de dix enfants perdent la vie dans un naufrage


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illustration naufrage en RDC
illustration naufrage en RDC

Une nouvelle tragédie frappe les voies fluviales de la RDC. Dans le territoire de Demba, au Kasaï-Central, plus de dix enfants ont disparu mercredi 5 août après le chavirement d’une pirogue sur la rivière Lulua. Au fil des heures, les espoirs de les retrouver vivants se sont estompés, laissant place à une immense émotion au sein des familles et de toute la communauté.

Le drame s’est produit à hauteur du village de Bakua Mulamba Nkanga. Les victimes, des enfants regagnaient leur localité après une journée passée de l’autre côté de la rivière, dans le secteur de Tshibote, où ils étaient allés ramasser des chenilles, une activité saisonnière qui constitue souvent un complément alimentaire et une source de revenus pour les ménages ruraux.

Une communauté plongée dans l’angoisse

Selon plusieurs témoins, la pirogue s’est renversée en pleine traversée pour des raisons qui restent à déterminer. Les enfants ont été emportés par les eaux. Le pagayeur est le seul occupant de l’embarcation à avoir survécu. Il a réussi à rejoindre la rive à la nage avant d’être interpellé par la police afin d’éclaircir les circonstances de l’accident.

Dès l’annonce du naufrage, les habitants des villages riverains se sont mobilisés aux côtés des autorités locales pour tenter de retrouver les victimes. Ce jeudi, les recherches se sont encore poursuivis, mais aucun corps n’avait été repêché selon les dernières informations disponibles. Pour les familles, l’attente est particulièrement éprouvante. Elles espèrent au moins pouvoir récupérer les dépouilles de leurs enfants afin de leur offrir des funérailles dignes. Le coordonnateur de la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) dans le territoire de Demba, Marcel Masanka, appelle à renforcer les moyens de recherche afin que les victimes soient retrouvées dans les meilleurs délais.

Une traversée devenue synonyme de danger

Au-delà de l’émotion, c’est le problème des graves insuffisances des infrastructures dans plusieurs zones rurales du Kasaï-Central qui est à nouveau posé. La traversée de la rivière Lulua s’effectue quotidiennement dans des embarcations artisanales, souvent dépourvues du moindre équipement de sécurité. Marcel Masanka fait observer que les causes de ces accidents sont connues depuis longtemps. « Il y a un manque d’ouvrages de franchissement. Il n’y a ni pont ni bac sécurisé. Nous recommandons au gouvernement provincial et aux partenaires d’intervenir en urgence en dotant temporairement cette traversée d’une embarcation sécurisée et de gilets de sauvetage », a-t-il déclaré. La société civile réclame également la construction d’un pont sur la rivière Lulua. Pour elle, il s’agit de la seule solution durable pour protéger les habitants de cette partie du territoire de Demba.

Ce drame s’ajoute à une longue série d’accidents nautiques enregistrés ces dernières années en République démocratique du Congo. Sur les fleuves, les rivières et les lacs du pays, les naufrages sont fréquents en raison de la vétusté des embarcations, de leur surcharge, de l’absence de gilets de sauvetage, du mauvais état des infrastructures portuaires et du manque de contrôle des activités de navigation. À plusieurs reprises, les autorités nationales ont annoncé des mesures destinées à améliorer la sécurité fluviale. Mais pour l’instant, toutes ces promesses restent lettres mortes. Et les voies fluvio-lagunaires du pays continuent d’être des mouroirs pour bien des Congolais.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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