Algérie : le petit Ayoub retrouvé mort après quatre jours pris au piège dans un puits à El Bayadh


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Puit
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L’espoir qui avait soulevé l’Algérie pendant quatre jours s’est brisé samedi 5 septembre. La Protection civile a annoncé avoir extrait sans vie le corps du petit Ayoub, 10 ans, tombé mercredi dans un puits artésien à sec du village d’Er-Rokn, dans la wilaya d’El Bayadh.

Le drame remonte au mercredi 2 septembre. Ayoub se trouvait près du domicile familial, à Er-Rokn, un hameau rattaché à la commune de Ghassoul, à environ 550 kilomètres au sud d’Alger. Selon le récit reconstitué par plusieurs médias locaux, le garçon apportait une bouteille d’eau à son frère lorsque la planche recouvrant l’ouverture d’un ancien puits a cédé sous son poids. Alerté par ses cris, son père s’est précipité vers l’orifice et a encore pu échanger quelques mots avec son fils avant que les secours ne prennent le relais.

Le drame rappelait celui qui a touché le Maroc en février 2022 lorsque Ryan, 5 ans, était resté 5 jours dans un ancien puit après une chute. Il avait été remonté sans vie.

Quatre jours de creusement dans une roche hostile

L’ouvrage, creusé selon une méthode traditionnelle, ne dépassait pas 40 centimètres de diamètre pour près de 80 mètres de profondeur, des dimensions qui excluaient toute descente directe d’un sauveteur. Nassim Bernaoui, sous-directeur des statistiques et de la communication à la Direction générale de la Protection civile, a expliqué que les équipes avaient d’abord peiné à localiser précisément l’enfant, retrouvé sous une épaisse couche de terre. Pour l’atteindre, les secours ont dû forer un second puits, vertical et parallèle au premier, avant d’ouvrir un passage horizontal en direction de l’endroit où se trouvait Ayoub.La nature rocheuse du sol a ralenti chaque étape d’un chantier mené à coups de pelleteuses, avec l’appui d’une caméra d’inspection et de techniciens d’entreprises privées de travaux publics.

Pendant quatre jours, l’affaire a occupé les conversations et les réseaux sociaux algériens. Habitants des localités voisines, bénévoles et internautes ont multiplié messages de soutien et appels à la mobilisation autour de la famille d’Ayoub. Le colonel Boualem Boughlaf, directeur général de la Protection civile, s’est rendu sur place pour suivre l’avancée des opérations.

Le corps localisé et extrait samedi soir

C’est samedi soir que les secouristes sont parvenus à leur but, mais trop tard pour sauver l’enfant. Dans un communiqué, la Protection civile a indiqué avoir localisé puis extrait le corps sans vie d’Ayoub, précisant que les autorités locales, plusieurs organismes publics et des intervenants privés avaient mis à disposition l’ensemble des moyens humains et matériels disponibles pour cette opération. La direction générale a présenté ses condoléances à la famille.

L’accident relance un débat récurrent au Maghreb sur l’état des forages abandonnés ou mal signalés dans les zones rurales. Une simple planche de bois posée sur l’ouverture d’un puits de 80 mètres ne suffit pas à écarter le risque, et l’épisode d’El Bayadh alimente les appels à un recensement systématique de ces installations, assorti d’obligations de fermeture ou de signalisation.

Ali Attar
Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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