RDC : le message de Joseph Kabila déclenche une violente riposte du gouvernement


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Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement de la RDC
Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement de la RDC

L’ancien Président congolais, Joseph Kabila, a relancé le débat politique en dénonçant la dégradation de la situation en RDC et en réclamant un dialogue national inclusif. Mais sa prise de parole, diffusée vendredi 9 octobre, a provoqué une réponse cinglante de Patrick Muyaya. Le porte-parole du gouvernement accuse l’ancien dirigeant d’incarner le passé et de n’avoir « rien d’autre à offrir que le chaos ».

À peine le discours de l’ancien président Joseph Kabila a-t-il été diffusé ce vendredi que le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a bondi pour vouer aux gémonies les propos de celui qui a dirigé la RDC pendant 18 ans.

Kabila dénonce un pays en péril

Dans son adresse aux Congolais, Joseph Kabila a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Sans citer directement son successeur, Félix Tshisekedi, il a critiqué la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est du pays et dénoncé les atteintes aux libertés publiques.

L’ancien chef de l’État estime que les propositions qu’il avait formulées en mai 2025 n’ont pas été prises en compte et que la situation s’est depuis aggravée. Il plaide pour un dialogue national inclusif, qu’il présente comme une nécessité pour sortir le pays de l’impasse politique et sécuritaire. Il a également annoncé qu’il préciserait ses propositions dans les prochains jours. Le sujet divise la classe politique congolaise : qui doit participer au dialogue, et à quelles conditions ?

Muyaya contre-attaque et met Kabila en cause

Sur les réseaux sociaux, Patrick Muyaya a attaqué frontalement l’ancien Président, le décrivant comme un « homme du passé, nostalgique des méthodes antidémocratiques ». Il l’a également accusé d’entretenir des liens avec le Rwanda et la rébellion AFC/M23, avant de le qualifier de « complice et auteur connu des crimes, condamné et sous sanctions internationales ».

Le ministre a opposé à cette sortie le processus de dialogue soutenu par Félix Tshisekedi, affirmant que les autorités restaient engagées dans une démarche destinée à rétablir la paix et à préserver l’intégrité territoriale du pays.

Un dialogue toujours contesté

Lors d’une conférence de presse le 17 juillet, Patrick Muyaya avait indiqué que le dialogue n’inclurait pas ceux qui refusent de dénoncer publiquement l’agression rwandaise, ce qui pourrait exclure le camp Kabila.

La situation judiciaire de l’ancien Président pèse également sur cette confrontation. Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire l’a condamné à mort par contumace, notamment pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel. Kabila conteste la procédure, qu’il considère comme politiquement motivée. Le 30 avril 2026, les États-Unis lui ont par ailleurs imposé des sanctions en raison de son soutien présumé à l’AFC/M23.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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