
Après les sanctions américaines visant Joseph Kabila, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), via sa branche diaspora, a publié un communiqué virulent dénonçant une décision « illégitime » et « politiquement motivée ».
Les sanctions américaines contre Joseph Kabila suscitent des réactions contrastées. Alors que dans un camp on chante et on danse, dans l’autre, la consternation est totale et la réaction vive et cinglante. Retour sur le communiqué de la branche diaspora du PPRD, parti de Joseph Kabila.
Une décision contestée sur le plan juridique
Au cœur de leur argumentaire, les cadres du PPRD diaspora rejettent toute valeur judiciaire aux sanctions prises par les Etats-Unis. « L’OFAC n’est pas un tribunal », martèlent-ils, rappelant ipso facto que cet organe du Trésor américain n’organise ni procès public ni débat contradictoire. Forts de cela, leur position est claire et sans ambiguïté : les sanctions américaines ne constituent ni une preuve de culpabilité ni une condamnation légale.
Le parti, qui s’appuie également sur les rapports du groupe d’experts de l’ONU, affirme qu’aucun élément public n’établit l’implication directe de Joseph Kabila dans un soutien à une rébellion armée dans l’est de la RDC. Dans ce contexte, le PPRD accuse Washington d’avoir abandonné toute neutralité. « Une médiation qui s’aligne sur un pouvoir cesse d’être crédible », estime le communiqué.
Une lecture politique et historique des sanctions
Les auteurs relèvent aussi une « incohérence » internationale. Ils rappellent que des contacts avec l’AFC/M23 ont été tolérés dans le cadre de processus de paix, avec l’appui de partenaires étrangers. Dès lors, jugent-ils, sanctionner Kabila sur la base d’allégations non prouvées relève d’une « morale à géométrie variable ». Autre critique : l’évocation du processus électoral de 2018. Le PPRD diaspora s’interroge sur la pertinence de rouvrir ce dossier plusieurs années après, d’autant que Joseph Kabila n’était pas candidat. Pour le parti, cela renforce l’idée d’une décision opportuniste.
Dans une approche plus symbolique, le communiqué convoque les figures de Mobutu Sese Seko et Patrice Lumumba. Le premier est cité comme exemple d’un allié abandonné par les États-Unis, le second comme symbole de souveraineté face aux ingérences extérieures.
Inquiétudes sur la démocratie et appel au dialogue
Le PPRD accuse par ailleurs le régime de Félix Tshisekedi de dérive autoritaire. Il évoque dans ce sens des arrestations et des restrictions de l’espace politique. « Depuis plus de trois mois, notre vice-président, Aubin Minaku, notre secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadary, et nos camarades Dunia Kilanga, Kabul Onassis et d’autres sans compter des officiers et soldats de rang croupissent dans des geôles sans statut juridique », lit-on dans le communiqué. Les sanctions américaines, selon les responsables, pourraient être interprétées comme un « permis de répression » délivré au régime de Kinshasa.
Au-delà du cas Kabila, le parti alerte sur un précédent dangereux pour l’Afrique : celui de dirigeants ayant quitté le pouvoir pacifiquement mais exposés ensuite à des sanctions et poursuites. Il appelle enfin à un dialogue inclusif et à une médiation équilibrée pour résoudre la crise congolaise. Car « La paix ne se construira pas par l’humiliation d’une famille politique, la criminalisation de l’opposition ou l’importation de sanctions comme instruments de règlement de comptes », indique le communiqué.



