
Après plusieurs jours de négociations à Montreux, la République démocratique du Congo et la coalition AFC/M23 ont conclu un accord humanitaire majeur. Ce compromis prévoit un accès sécurisé à l’aide pour les populations civiles et la libération de 477 détenus. Soutenu par une médiation internationale, cet engagement marque une avancée dans un conflit toujours fragile.
Le conflit qui déchire l’est de la République démocratique du Congo connaît une avancée diplomatique notable. À l’issue de plusieurs jours de négociations intensives tenues à Montreux, en Suisse, le gouvernement de Kinshasa et la coalition rebelle AFC/M23 sont parvenus à un accord humanitaire majeur ce dimanche 19 avril 2026. Sous l’égide du Qatar et avec le soutien de médiateurs internationaux, les deux parties s’engagent à alléger les souffrances des populations civiles prises entre deux feux.
Un pont humanitaire pour les zones de conflit
Le cœur de ce compromis réside dans l’instauration d’un accès rapide, soutenu et sans entrave pour l’aide humanitaire. La RDC et l’AFC/M23 ont formellement accepté de suspendre toute action susceptible de compromettre la livraison de fournitures vitales.
L’accord insiste particulièrement sur la préservation des infrastructures indispensables à la survie des populations : les denrées alimentaires, les récoltes, le bétail, mais aussi les réserves d’eau, les hôpitaux et les écoles ne doivent plus être des cibles. Par cet engagement, les belligérants promettent également de sécuriser les travailleurs humanitaires et d’empêcher tout pillage des convois.
Libération imminente de près de 500 détenus
Pour matérialiser cette volonté de « renforcement de la confiance », un échange de prisonniers d’une ampleur inédite a été décidé. Dans un délai de dix jours, 477 personnes devraient retrouver la liberté. Dans le détail, la coalition AFC/M23 s’est engagée à relâcher 311 prisonniers, tandis que le gouvernement congolais en libérera 166 de son côté. Ce volet judiciaire, encadré par un protocole précis, constitue l’un des acquis les plus concrets de ce neuvième tour de négociations.
Le succès de ces pourparlers repose sur une architecture diplomatique solide. Outre le Qatar, pays hôte, les discussions ont réuni des représentants des États-Unis, de la Suisse, de l’Union africaine et du Togo. Un protocole d’accord a été signé pour mettre en œuvre des mécanismes rigoureux de vérification du cessez-le-feu. La mission de l’ONU en RDC, la MONUSCO, apportera son appui logistique pour que les premières missions de contrôle puissent être déployées sur le terrain d’ici une semaine, garantissant ainsi que les promesses de Montreux se transforment en réalités tangibles pour les civils.




