RDC : Laurent Nkunda remet en cause l’existence de la Monuc

Laurent Nkunda, le leader du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), sème la terreur dans le Nord-Kivu, province de l’est de la République Démocratique du Congo, et fait vaciller la Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo (Monuc). Des manifestants se sont rassemblés lundi devant son siège, à Goma, capitale provinciale, pour exprimer leur colère. Un manifestant a été tué et le commandant des Casques bleus, Vicente Diaz de Villegas, a annoncé sa démission.

« Raisons personnelles ». Voici l’explication officielle qu’a donnée l’ONU pour justifier la démission de Vicente Diaz de Villegas, commandant en chef de la Mission des Nations Unies pour la République Démocratique du Congo (Monuc). Trois semaines seulement après sa nomination, le général a donc quitté la mission au moment où sa raison d’être – rétablir la paix – est remise en cause. Selon RFI, citant des sources diplomatiques, le général Diaz aurait justement estimé, en privé, que la force des Nations unies n’avait pas les moyens nécessaires à la réalisation de sa mission face au regain de violence dans l’Est de la RDC.

La population avait vraisemblablement tiré la même conclusion que Vicente Diaz de Villegas et ne s’est pas gênée pour le dire. Fuyant les combats au Nord, des manifestants se sont rassemblés lundi devant le siège de la Monuc à Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu. « Plusieurs centaines de manifestants ont lancé des projectiles contre les installations et les véhicules de la Monuc, détruisant ainsi le matériel des Nations unies », a déclaré Michel Bonnardeaux, porte-parole de la Mission à Kinshasa. Il y a eu un mort parmi les manifestants.

A quoi sert la Monuc ?

La population reproche son impuissance à la mission de l’ONU qui est présente sur son sol depuis 1999. Forte de 17 000 Casques bleus, la Monuc est mise en déroute depuis des années par des groupes rebelles de quelques centaines d’hommes et est incapable d’appuyer les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) pour imposer la paix dans l’Est.

Depuis dimanche, le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) du rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda gagne dangereusement du terrain. Après Kibumba (à 35km de Goma), le parc national des Virunga et la caserne militaire de Rumangabo (à 50 km de la ville de Goma), la rébellion se dirige à grands pas vers la capitale provinciale. Plus de 20 000 personnes sont déjà sur les routes fuyant les combats et les atrocités commises également par l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony. Le chef rebelle ougandais a fait de l’Est congolais son refuge au grand dam des civils.

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